SNCF: Le rapport Spinetta ne convainc pas, la CGT appelle les cheminots à la grève

MANIFESTATION La réforme proposée va à l’encontre du « service public pour tous », s’insurgent notamment les organisations représentatives des cheminots…

20 Minutes avec AFP
— 
Philippe Martinez le 30 janvier 2018 à Paris.
Philippe Martinez le 30 janvier 2018 à Paris. — Ludovic MARIN / AFP

Les esprits s'échauffent. Le rapport Spinetta sur l’avenir du rail, remis ce jeudi au gouvernement, inquiète en effet les syndicats de cheminots qui dénoncent une « attaque » contre le service public ferroviaire ou dessinent une « ligne rouge à ne pas franchir » sur le statut des cheminots.  Philippe Martinez, leader de la CGT, a annoncé ce vendredi une « manifestation nationale » des cheminots le 22 mars

>> A lire aussi : Réforme du système ferroviaire: Jean-Cyril Spinetta rend ce jeudi un rapport très attendu

Ce rapport préconise de profondes réformes pour la SNCF, en particulier une transformation en société anonyme (SA) et l’abandon du statut pour les nouveaux embauchés, alors que le transport ferroviaire doit être ouvert à la concurrence au plus tard fin 2023.

« Une attaque inédite contre le transport ferré public »

La CGT Cheminots (premier syndicat) voit dans ce rapport « une attaque inédite contre le transport ferré public » et contre ceux qui, « au quotidien, font le choix du train, quel que soit la région ou le territoire ». « Il faut maintenir et développer le service public ferroviaire, pas le saborder », juge la fédération CGT, qui sera reçue ce lundi au ministère des Transports, comme les trois autres syndicats représentatifs du groupe public, l’Unsa (deuxième syndicat), SUD-Rail (3e) et la CFDT (4e), lors de rendez-vous séparés.

« On va vers une recherche de rentabilité commerciale, à l’encontre du service public pour tous », a critiqué Roger Dillenseger, secrétaire général de l’Unsa-Ferroviaire.

« Une fermeture massive des "petites lignes" »

« Le système entier du transport ferroviaire est mis en danger », avec « l’abandon » du rail public par l’Etat et « une mise à mort du fret ferroviaire » car actuellement « 40 % du fret ferroviaire passent sur les petites lignes » qui pourraient disparaître, a estimé Erik Meyer, porte-parole de SUD-Rail.

>> A lire aussi : Auvergne-Rhône-Alpes: La région renforce sa police ferroviaire

La CFDT craint aussi « une fermeture massive des "petites lignes" », les moins fréquentées, ce qui entraînerait « une rupture d’égalité des citoyens dans l’aménagement du territoire ». Il y aurait ainsi « le train pour les régions riches », mais « la route et les risques routiers pour les plus pauvres ».

 « Quand on est attaqué, on se défend »

Les cheminots « n’accepteront pas une remise en cause des éléments de leur contrat de travail », lance SUD, selon qui la transformation de SNCF Mobilités et SNCF Réseau en SA « permettra au patronat d’exercer un chantage sur les cheminots pour remettre en cause leur statut ».

>> A lire aussi : SNCF: Un rapport remis au gouvernement évoque la fin du statut des cheminots à l'embauche

Philippe Martinez, leader de la CGT, a lui annoncé ce vendredi une « manifestation nationale » des cheminots le 22 mars, pour défendre notamment leur « statut ». « Quand on est attaqué, on se défend », a dit le secrétaire général de la CGT, assurant que les cheminots « ne laisseront pas casser leur outil de travail ».

Il a laissé entendre que la manifestation pourrait s’accompagner d’une grève, en prévenant que « si les salariés de la SNCF sont en grève, il n’y a pas de train et on ne peut plus se déplacer ». Cette journée de mobilisation aura lieu le même jour que celle organisée chez les fonctionnaires contre la réforme de la fonction publique.