VIDEO. Bac, laïcité, salaire des profs… Que faut-il retenir de «L'Emission politique» de Jean-Michel Blanquer?

POLITIQUE Le bon élève du gouvernement a participé au rendez-vous de France 2, jeudi soir...

Delphine Bancaud

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Jean-Michel Blanquer lors de «L'Emission politique», le 15 février sur France 2.
Jean-Michel Blanquer lors de «L'Emission politique», le 15 février sur France 2. — Bertrand GUAY / AFP
  • Le ministre de l’Education a convaincu 71 % des téléspectateurs.
  • Il a cependant été mis en difficulté par Jack Lang sur la question des rythmes scolaires.
  • Et son échange électrique avec Alexis Corbière s’est mal terminé.

Le bon élève du gouvernement Macron a passé son grand oral ce jeudi soir. Invité dans L’Emission politique, le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a enchaîné deux heures de débat. Une prestation qui a d’ailleurs convaincu 71 % de téléspectateurs. Vous l’avez zappée ? Pas de souci, 20 Minutes vous fait le récap’…

Il a joué la carte de la modestie

Devenu la coqueluche du gouvernement en seulement 9 mois, le ministre de l’Education a d’ailleurs reçu ce jeudi le prix 2017 du ministre de l’année lors de la 26e cérémonie du palmarès du Trombinoscope. Interrogé par Léa Salamé sur les unes dithyrambiques de la presse à son égard, Jean-Michel Blanquer a joué la carte de la modestie : « Ce n’est pas moi qui choisis les titres des journaux », a-t-il commenté. Interrogé sur ses espoirs de demeurer rue de Grenelle, un poste où les ministres restent rarement plus de deux ans, Jean-Michel Blanquer s’est montré prudent aussi : « Oui, mais ça ne dépend pas que de moi, cela dépend de la confiance du Premier ministre et du président en particulier ». Impossible en revanche de lui faire préciser ses ambitions politiques futures : « Il y aura une vie après ? mais pas forcément politique », a-t-il botté en touche.

Droit dans ses bottes sur la réforme du bac

Interrogé par Jean, élève de Terminale redoutant que le grand oral « aggrave les inégalités », Jean-Michel Blanquer a bien reconnu qu’il existait une inégalité sociale des élèves devant le langage. Mais que l’école pouvait y remédier : « Pendant toute la scolarité, on va les préparer à cet oral ». « Ce n’est pas un oral pour piéger, mais pour mettre en valeur ce que sait l’élève ». Et quand Thomas, un élève de 1re, lui demande si tous les élèves de France auraient les mêmes choix de matières, le ministre s’est aussi voulu rassurant : « On va créer des doublettes attractives dans des lycées qui ont besoin d’attirer les élèves ». « Nous faisons entrer le bac dans le XXIe siècle », a-t-il martelé. Et son discours a convaincu, puisque 69 % des téléspectateurs de l’émission ont déclaré approuver la réforme du bac.

Sur le salaire des profs, il n’a rien promis

Les profs français sont moins bien payés que les homogues allemands et touchent presque la même chose que les profs colombiens. Une réalité que le ministre n’a pas pu nier : « Le pouvoir d’achat des profs est insuffisant aujourd’hui. Nous devons prendre des mesures pour que cela change », a-t-il déclaré, sans s’engager pour autant à les augmenter. « Nous allons verser une prime de 3.000 euros aux enseignants de l’éducation prioritaire l’an prochain », a-t-il tout juste concédé.

Jack Lang l’a bousculé sur le pilonnage de la réforme des rythmes scolaires

L’invité inattendu de l’émission était Jack Lang. Si le ton est resté courtois entre l’ancien et le nouveau ministre de l’Education, le premier n’a cependant pas hésité à l’attaquer sur le retour à la semaine de 4 jours  dans une majorité de communes. « C’est pratiquement un mois d’école que les enfants perdent. C’est une régression », a déploré Jack Lang. « Je n’ai jamais dit qu’il fallait passer à 4 jours, j’ai laissé la liberté », a rétorqué Jean-Michel Blanquer. Ce qui a suscité une réponse cinglante de Jack Lang : « Le temps scolaire est de votre responsabilité, on ne peut pas jouer à la carte avec ce sujet ». Pour clore positivement le sujet, Jean-Michel Blanquer a annoncé qu’il allait proposer bientôt un plan permettant aux enfants d’avoir des activités périscolaires de qualité le mercredi.

Pas très à l’aise sur la laïcité

Fatiha Agag-Boudjahlat, une prof d’histoire-géo a interpellé le ministre sur le cas de jeunes filles de 6e, qui présentaient des certificats médicaux indiquant qu’elles étaient allergiques au chlore. Et ce « pour qu’elles n’aillent pas à la piscine avec les garçons ». « Ces problèmes existent », a reconnu le ministre, sans pour autant apporter de solution : « Je ne sais pas comment empêcher un médecin de faire un certificat de complaisance », a-t-il indiqué. il a préféré se targuer d’avoir créé un conseil des sages sur la laïcité, ainsi que des unités laïcité, Jean-Michel Blanquer a souligné aussi sa volonté de mieux contrôler des écoles confessionnelles : « Il y a une proposition de loi à ce sujet », a-t-il indiqué, en espérant qu’elle passe.

Sur la défensive avec Alexis Corbière

On attendait le député de La France Insoumise, par ailleurs prof d’histoire, punchy, il l’a bien été. Alexis Corbière a rappelé que Jean-Michel Blanquer avait été directeur général de l’enseignement scolaire sous Nicolas Sarkozy. Une époque honnie par les enseignants en raison des suppressions de postes liées au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. « Sous Sarkozy, vous avez fait mal à l’école », a accusé Alexis Corbière, suscitant l’ire du locataire de la rue de Grenelle. « Ce n’est pas moi qui aie décidé ces suppressions de postes », a-t-il déclaré, « la question n’est pas quantitative, mais qualitative », a-t-il aussi poursuivi. Attaqué sur l’insuffisance des moyens pour remplacer les profs, Jean-Michel Blanquer a perdu son sang-froid. « On a passé assez de temps sur le simplisme », a-t-il déclaré pour clore le débat avec le député insoumis. Une dureté de ton soulignée par Léa Salamé et qui a jeté un froid sur le plateau.