Toulouse: Bruit, gaz à effet de serre… L’aéroport de Blagnac pollue-t-il l’environnement?

ENVIRONNEMENT Si le trafic de l’aéroport de Toulouse-Blagnac n’est pas une source si importante d’émissions polluantes, il suscite par contre des critiques des riverains côté sonore…

Béatrice Colin

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A l'aéroport de Toulouse-Blagnac.
A l'aéroport de Toulouse-Blagnac. — B. Colin / 20 Minutes

Ces dernières années, le trafic de l'aéroport de Toulouse-Blagnac n’a cessé d’augmenter. L’an dernier, 103.000 avions ont atterri ou décollé du tarmac, un nombre de mouvements en hausse de 8,7 % et qui devrait continuer à augmenter de 1,6 % par an pour atteindre le chiffre de 111.000 en 2022.

Pollution au décollage

Si les avions qui passent au-dessus de nos têtes sont de plus en plus propres, ils continuent à émettre des polluants. Selon une étude publiée mercredi par Atmo, l'observatoire régionale de la qualité de l'air, 5 % des émissions d’oxyde d’azote (Nox), 2 % des particules (Pm 10 et Pm 2,5) et 3 % des gaz à effet de serre de Toulouse Métropole proviennent de l’activité de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB).

Et c’est majoritairement les avions qui sont à l’origine de cette pollution. « Au décollage, ils émettent 1,5 à 2,4 fois plus de dioxyde d’azote, quand on met les gaz », relève Dominique Tilak, la directrice d’Atmo.

Pas d’impact sur les populations environnantes

Mais grâce notamment à une dispersion rapide, « il n’y a pas d’impact direct sur les populations environnantes ». Les émissions sont limitées aux abords des pistes et des parkings. Les axes routiers voisins sont bien plus polluants.

Pour faire baisser ces émissions, l’aéroport a mis en place certaines actions. Comme l’alimentation en électricité de tous ses postes avions, ce qui évite d’utiliser des groupes auxiliaires qui brûlent du kérosène. La flotte de véhicules d’ATB sera à 60 % électrique l’an prochain.

Augmentation du nombre de vols bruyants

Si l’air respiré par les riverains de l’aéroport est plus pollué par la circulation routière que par les activités de la plateforme aéroportuaire, il y a par contre une autre source de pollution que les habitants ont beaucoup plus de mal à supporter : le bruit.

En 2017, le nombre de plaintes pour des nuisances sonores a été multiplié par quatre. « Il y a une augmentation du nombre de vols sur la période 22 h-minuit l’an dernier, qui est l’horaire le plus perturbant car c’est le moment où les gens s’endorment », déplore Chantal Beer-Demander, présidente du collectif contres les nuisances aériennes de l'agglomération toulousaine (CCNAAT).

Cette dernière a recensé au 3e trimestre de l’an dernier 5.600 vols bruyants (+ 75 décibels) enregistrés sur le capteur Sentinelles de la Cépière, contre 2.900 sur le troisième trimestre 2016.

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Lors d’une réunion récente de la commission consultative environnement d’ATB, Chantal Demander a redemandé « l’extension de la surveillance grâce à des indicateurs pertinents sur la période 23 h-minuit et l’accès aux données complètes du système de surveillance du bruit géré par ATB ».

Amélioration des trajectoires

« Nous partageons ces chiffres depuis six ans, nous allons investir un million d’euros pour changer ce système qui permettra l’an prochain de consulter les données directement par les riverains », se défend Alain de la Meslière, directeur des opérations à l’aéroport, pour qui « aujourd’hui l’acceptabilité du bruit n’est plus la même qu’il y a quelques années ». Il explique l’augmentation des plaintes notamment par un été chaud où les fenêtres sont restées ouvertes la nuit.

Pour réduire les nuisances sonores, ce dernier affirme travailler sur les trajectoires des avions, en particulier en utilisant de préférence sur les horaires tardifs l’atterrissage des avions côté nord des pistes.

Quant à réduire le nombre de vols entre 22h et minuit, ce n’est pas à l’ordre du jour. « Aujourd’hui nous avons besoin cette activité low cost sur cette tranche horaire. On s’est engagé à ne pas augmenter sur le cœur de nuit, en 2010, il y avait 2.600 mouvements par an, aujourd’hui il n’y en a plus que 1.600 », souligne-t-il.