VIDEO. Maëlys: Le point sur les derniers éléments de l'affaire, depuis les aveux de Nordahl Lelandais

ENQUETE Les recherches lancées sur les indications de Nordahl Lelandais ont pris fin ce jeudi après-midi en Savoie...

Elisa Frisullo

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Les recherches pour retrouver le corps de Maëlys avaient débuté le 14 février 2018.  Lancer le diaporama
Les recherches pour retrouver le corps de Maëlys avaient débuté le 14 février 2018. — AFP
  • Après de longues heures de recherches, la quasi-totalité des restes de la fillette de 9 ans ont été retrouvés ce jeudi dans le massif de la Chartreuse en Savoie.
  • Les recherches ont pris fin, annonce le parquet de Grenoble.
  • La maman de la fillette s’est adressée au meurtrier présumé sur sa page Facebook.

Les recherches, lancées mercredi en début d’après-midi, dans le Massif de la Chartreuse (Savoie) sur les indications de Nordahl Lelandais, ont pris fin. La « quasi-totalité » des restes de Maëlys ont été retrouvés jeudi lors des investigations qui se sont poursuivies ce 15 février dans des conditions météorologiques très difficiles, a annoncé jeudi le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat. Au lendemain des aveux (partiels) du meurtrier présumé, 20 Minutes fait le point sur les derniers éléments de l’affaire.

 

  • D’autres ossements retrouvés ce jeudi

« La quasi-totalité du squelette, ainsi que les vêtements et une chaussure » ont été retrouvés à l’endroit où, la veille, le crâne et un os de la petite fille disparue depuis la fin août avaient été découverts, a précisé ce jeudi le procureur de Grenoble, indiquant que par conséquent les recherches avaient cessé. Après avoir avoué mercredi avoir tué la fillette « involontairement » dans la nuit du 26 au 27 août 2017, Nordahl Lelandais avait conduit les enquêteurs et les magistrats sur une zone de montagne située à Attignat-Oncin. C’est dans ce secteur boisé, très escarpé et reculé, non loin de son domicile familial de Domessin, que le meurtrier présumé se souvenait avoir déposé le corps de Maelys. Après plusieurs heures, des « chiens en restes humains », mobilisés sur cette opération, étaient parvenus à retrouver le crâne de Maëlys et un os mercredi soir.

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  • Les circonstances de la mort toujours inconnues

L’ancien militaire de 34 ans, qui a clamé son innocence pendant près de six mois, n’a en revanche toujours pas expliqué dans quelles circonstances l’enfant a trouvé la mort. Il a indiqué aux juges d’instruction qu’il souhaitait attendre que le corps de Maëlys soit retrouvé et qu’il s’expliquerait ensuite, avait précisé mercredi soir le parquet de Grenoble, lors d’une conférence de presse. Selon le ¨procureur et l’avocat de Nordahl Lelandais, Alain Jakubowicz, l’ancien maître-chien devrait être de nouveau auditionné prochainement par les juges d’instruction pour expliquer comment la fillette est décédée.

  • La maman de Maëlys s’adresse à Nordahl Lelandais

C’est un message rempli de douleur et de colère que Jennifer Cleyet-Marrel a publié mercredi soir sur sa page Facebook, peu de temps après avoir appris que des restes de son enfant venaient d’être découverts. « Il aura fallu attendre cinq mois et demi pour qu'[il] parle enfin. Toi [Nordahl Lelandais], Maëlys va te hanter nuit et jour dans ta prison jusqu’à ce que tu crèves et que tu ailles en enfer. Maëlys avait la vie devant elle. On ne la verra plus jamais. Je ne pourrai plus la serrer dans mes bras et lui dire à quel point je l’aime. Mon petit ange, je n’ai pas pu te protéger et cette culpabilité me poursuivra encore très longtemps. Maëlys, je suis si fière de toi mon poussin, tu es si belle si souriante, tu es ma merveille, mon rayon de soleil, tu seras toujours dans mon cœur. Que justice soit faite et que plus jamais un enfant ne subisse de tel acte. Tu nous manques tellement. Ton combat, on le mènera jusqu’au bout ma princesse », a écrit la mère de Maëlys, qui a quitté jeudi matin, avec son mari, le village jurassien de Mignovillard, où ils vivent. Escortés par les gendarmes, les parents de Maëlys ont rejoint le secteur où le corps de l’enfant a été retrouvé pour être au plus près de leur fille et des enquêteurs.

Pont-de-Beauvoisin, le 15 février 2018. Des anonymes viennent se recueillir devnat la salle des fêtes du village, où la Maëlys avait disparu fin août 2017.
Pont-de-Beauvoisin, le 15 février 2018. Des anonymes viennent se recueillir devnat la salle des fêtes du village, où la Maëlys avait disparu fin août 2017. - E. Frisullo / 20 Minutes

 

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  • Les habitants de Pont-de-Beauvoisin, entre tristesse et soulagement

Depuis que Nordahl Lelandais a avoué avoir tué Maëlys, des anonymes défilent devant la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin, où la fillette de 9 ans avait été vue pour la dernière fois fin août, pour se recueillir devant ce lieu du souvenir, installé peu après la disparition de l’enfant. Des photos de la fillette, des mots, des dizaines de peluches et des bougies y ont été déposées ces derniers mois. Dans le village, où tout le monde a suivi les derniers rebondissements de l’affaire, les habitants affichent une grande tristesse mais également un certain soulagement de voir enfin une partie de la vérité éclater. Lorsqu’elle a su mercredi que le corps de la fillette avait été retrouvé, Andrée, une habitante de 76 ans, s’est sentie soulagée. « Enfin, il a avoué. La famille de l’enfant va pouvoir se recueillir et commencer son deuil. Cette petite va enfin pouvoir reposer en paix », a-t-elle confié à 20 Minutes ce jeudi matin, peu convaincue par la ligne de défense adoptée par Lelandais. « Je ne crois pas un instant à la mort involontaire », a-t-elle ajouté.

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  • Des longues expertises à venir sur les ossements

Les hommes de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) ont participé mercredi aux recherches menées en Savoie pour retrouver les ossements de Maëlys. Le colonel Patrick Touron, patron de ces experts, a expliqué à 20 Minutes le travail qui attend désormais ces scientifiques. « Notre mission, c’est de récupérer tous les éléments. Ceux appartenant à la victime. On va les récupérer et étudier leur positionnement, c’est très important. Pour cela, le médecin légiste qui s’en occupe est accompagné d’un anthropologue. Ce dernier va examiner l’ensemble des ossements et regarder s’il y a des traces de contusions particulières, de coupures qui pourraient signifier une blessure au couteau ou avec une arme. Ensuite, il faut s’assurer qu’il s’agit bien de la victime. C’est pour cela que nous avons envoyé sur place le laboratoire ADN », a-t-il notamment confié.