VIDEO. Lactalis: Des produits rapportés par les clients auraient été remis «par mégarde» en rayon

CONSOMMATION Les distributeurs étaient auditionnés par la commission des affaires sociales du Sénat dans le cadre de cette affaire...

20 Minutes avec AFP

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Du lait infantile Lactalis
Du lait infantile Lactalis — Bob Edme

Les distributeurs ont regretté mercredi des « défaillances » humaines dans le cadre de l’affaire Lactalis, et réclamé le blocage informatique du code-barres, appelant à revoir les procédures de retrait/rappel. Les distributeurs étaient auditionnés par la commission des affaires sociales du Sénat dans le cadre de cette affaire.

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Directeur qualité du groupe Carrefour, Stéphane Dufort a regretté une « mauvaise gestion des produits retournés en magasins par nos clients », soit plus de 9.000 boîtes dans le cas des lots de lait infantile Lactalis contaminé aux salmonelles.

Une information « morcelée » de la part de Lactalis

« Malheureusement, un certain nombre de produits ont été remis par mégarde dans le circuit de distribution : c’est la principale cause de la défaillance identifiée », a-t-il affirmé. Il a fustigé dans cette crise une information « morcelée », de la part de Lactalis (15 messages transmis en tout aux distributeurs, ndlr) et « peu transparente », les distributeurs n’ayant été informés de la fermeture de l’usine de Craon (Mayenne) que par la presse.

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Directeur général du Galec, société coopérative des groupements d’achats des centres E. Leclerc, Sébastien Chellet a pour sa part précisé que « près de 195.000 produits » incriminés avaient été retirés de leurs magasins. Mais « 999 produits ont été vendus » malgré le rappel, a-t-il ajouté, évoquant lui aussi des « défaillances humaines ».

Un sous-effectif dans l'institution chargée des contrôles

Franck Geretzhuber, secrétaire général du groupe Auchan, a lui aussi regretté que « 52 produits aient été remis en vente » dans leurs supermarchés, sur les 42.000 retirés, accusant notamment « la multiplication des procédures ». Les interpellant, Martial Bourquin, sénateur PS du Doubs, a alors estimé qu’il était « profondément inacceptable que 30 grandes surfaces aient continué à vendre » ces produits.

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Il a également dénoncé « le fait que tous les ans des emplois sont supprimés à la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, ndlr) », pourtant en charge des contrôles.

Un blocage automatique du code-barres ?

Le rappel des lots se faisant par « contrôle visuel », « l’humain a donc un rôle important », mais « cette façon de procéder à l’heure du numérique n’est plus acceptable », a souligné pour sa part Caroline Dassié, directrice générale d’Intermarché et de Netto.

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Selon elle, le blocage informatique de l’EAN (European Article Numbering, le code-barres), pour l’instant techniquement impossible, « ne sera pas sans conséquence économique ». Il serait cependant un « point d’amélioration majeur », a renchéri Stéphane Dufort.

Car, a-t-il rappelé, « le blocage en caisse, à date, ne fonctionne que pour un rappel sur l’ensemble d’une référence » et non pas sur des lots spécifiques, ce qui concerne pourtant plus des trois quarts des rappels. Directeur de la qualité et de la sécurité du groupement Système U, Laurent Francony a quant à lui fustigé une « saturation du dispositif » de retrait/rappel.