Réforme du bac: Futurs lycéens, voilà ce qui va changer pour vous

EDUCATION Jean-Michel Blanquer a dévoilé ce mercredi les détails de sa réforme du bac et du lycée...

Delphine Bancaud

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Illustration Lycée Albert Calmette à Nice
/Crédit:LIONEL URMAN/SIPA

Illustration Lycée Albert Calmette à Nice /Crédit:LIONEL URMAN/SIPA — SIPA

  • Les filières L, ES et S sont supprimées au profit d’un lycée « à la carte ».
  • Un nouvel enseignement « humanités scientifiques et numériques » va être créé.
  • Les options « droit et grands enjeux du monde contemporain », « mathématiques expertes » et « maths complémentaires » voient le jour.

C’est une petite révolution qui va entraîner plein de bouleversements. Le nouveau bac  qui verra le jour en 2021 va totalement transformer le lycée. C’est ce qu’a confirmé le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, ce mercredi en dévoilant la manière dont les classes de Seconde, de Première et de Terminale allaient évoluer. 20 Minutes fait le point sur tout ce qui va changer au lycée.

Plus de filières, mais des parcours personnalisés

Exit les filières L, ES et S. Car la domination de la filière S dévalorisait de facto les autres. A la place, les élèves suivront un tronc commun et choisiront trois spécialités en Première, ramenées à deux en Terminale. « Nous voulons ainsi offrir plus de liberté et de choix aux élèves et éviter les hiérarchies artificielles entre les séries », a expliqué le ministre.

Dans le tronc commun figurent le Français, la philo, l’histoire-géographie et l’enseignement moral et civique, deux langues vivantes, le sport, et une nouvelle discipline baptisée humanités scientifiques et numériques. Au menu des spécialités : mathématiques, physique chimie, sciences de la vie et de la Terre, histoire-géographie et géopolitique, sciences économiques et sociales, humanité-littérature-philosophie, langues et littérature étrangère, écologie-agronomie-et-territoires, arts, sciences de l’ingénieur, numérique et sciences informatiques.

Mais ce système de lycée à la carte est loin de faire l’unanimité : « L’élève devient l’auto-entrepreneur de sa scolarité, toujours davantage responsable individuellement de ses choix, de ses " réussites" ou de ses "échecs"», commente ainsi le syndicat Sud éducation dans un communiqué. De son côté l’Union nationale lycéenne craint que plusieurs de ces enseignements de spécialités ne soient «choisis que par des lycéens des milieux favorisés». A contrario, Stéphane Crochet, secrétaire national du Se-Unsa estime que « ces spécialités avec des volumes horaires confortables peuvent être le moyen de rendre les élèves plus solides dans leurs dominantes et d’améliorer la formation des lycéens et la valeur certificative du  bac ». Même enthousiasme de la part de Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN : « Des enseignements moins nombreux aux horaires plus importants permettront de mieux ancrer les apprentissages et donneront le temps aux professeurs -qui devraient avoir moins de classes- d’aborder sereinement les notions nécessaires tout en accompagnant mieux des élèves qu’ils verront plus souvent ».

La composition des classes va changer

« Le groupe classe va évoluer », a annoncé Jean-Michel Blanquer. Car les élèves d’une même classe auront des spécialités différentes. Ce qui risque d’être un casse-tête pour composer les emplois du temps. Ce que n’a pas voulu reconnaître le ministre : « C’est aussi la porte ouverte à des initiatives organisationnelles », a-t-il assuré.

Un nouvel enseignement « humanités scientifiques et numériques » apparaît

« On va mettre l’accent sur la culture scientifique commune de tous les élèves », a expliqué le ministre. Cet enseignement vise à apprendre le codage aux élèves, à leur inculquer un raisonnement scientifique et à leur enseigner les grandes enjeux technologiques de notre temps (bioéthique, intelligence artificielle, réchauffement climatique...). Cette idée figurait déjà dans le rapport Mathiot. Un enseignement qui sera assuré par des profs de maths, de physique, de philosophie ou d’histoire-géo, selon le ministre. 

Un temps dédié à l’orientation est instauré

Les erreurs d’orientation pénalisent beaucoup trop d’étudiants en première année . Pour changer la donne, le ministère de l’Education a décidé de donner du temps aux élèves pour penser à leur avenir. Une heure et demie par semaine sera en outre consacrée à l’orientation.

De nouvelles options voient le jour

Le lycéen pourra en suivre une en Première, deux en Terminale, à raison de trois heures par semaine. Il pourra choisir entre le latin, le grec, le sport ou une troisième langue vivante. Mais grandes nouveautés, en Terminale de nouvelles options apparaissent : droit et grands enjeux du monde contemporain, mathématiques expertes et maths complémentaires. Ces deux options de maths s’adressent notamment à ceux qui veulent faire médecine ou une classe prépa scientifique.

Les programmes vont être revus

A compter de la rentrée 2019, les programmes de Première et Terminale vont être revisités. L’objectif pour le ministère est qu’il s préparent davantage les élèves à ce qui les attend dans l’enseignement supérieur. « Nous voulons que nos élèves en préparant le bac, se préparent à ce qui va les faire réussir ensuite », a martelé Jean-Michel Blanquer.

Un meilleur accompagnement de l’élève en classe de seconde

Un test numérique de positionnement sera imposé à tous les élèves en début d’année pour pouvoir situer le niveau de chacun en maths et en Français. Du coup, en fonction des résultats, les élèves les plus en difficultés se verront proposer un accompagnement personnalisé tout au long de l’année, concentré sur la maîtrise de l’expression écrite et orale.

Les lycéens auront des cours en juin

C’était l’un des objectifs de la réforme du bac et du lycée : recupérer une partie du mois de juin, pour faire en sorte que les lycéens de Seconde et de Première ne soient pas en vacances dès le mois de mai. « Le fait qu’il y ait moins d’épreuves va permettre de reconquérir une partie du moins de juin, en restaurant plusieurs semaines de cours pour les lycéens. Cela permettra aux enseignants d’arrêter de courir pour boucler le  programme scolaire », estime Philippe Tournier.

La classe de Terminale va changer de nom

Le ministre ne veut plus que l’on considère cette classe comme la fin de quelque chose. Il envisage de l’intituler « classe de maturité ». Une idée qui suscite déjà l'ironie sur Twitter.