Comment des photos de femmes victimes de violences sont détournées par un site d'extrême-droite

FAKE OFF Des photos de femmes victimes de divers actes violents sont détournées sur les réseaux sociaux...

M.Co.

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Illustration d'une femme victime de violences conjugales.
Illustration d'une femme victime de violences conjugales. — Rafael Ben-Ari/Cham/NEWSCOM/SIPA
  • Un montage montrant seize personnes le visage tuméfié a été partagé par un site d’extrême-droite. Il prétend montrer des victimes de violences commises par des migrants.
  • En réalité, ce montage détourne des photos de femmes et d’un homme victimes de diverses agressions (cambriolage, violence conjugale…).

C’est une nouvelle intox qui vise les migrants et les musulmans. Un photomontage d’une violence inouïe, montrant les visages ensanglantés de seize personnes, est partagé sur Facebook et sur Twitter. Il porte la mention d’un site d’extrême-droite. Ce site affirme que les femmes présentées dans ce montage ont été victimes de violences de la part de « musulmans ».

Ce site reprend une intox qui circule depuis au moins octobre dans plusieurs pays européens. Le hoax est attesté en Italie et en Autriche. Dans sa première version, ce photomontage est présenté comme montrant seize femmes allemandes, qui « ont été attaquées et violées par des immigrés », et qui auraient « accepté de figurer dans les journaux ces jours-ci en Allemagne », selon la légende qui accompagne le montage.

FAKE OFF

Ce montage ne montre pas des femmes allemandes, mais des victimes principalement britanniques et américaines, qui n’ont pas de lien entre elles. On trouve même un homme parmi les seize personnes présentées.

Près de la moitié des personnes présentées sont Britanniques. On trouve également une Danoise, une Irlandaise, une Canadienne, une Australienne et une Américaine. Quatre femmes n’ont pas pu être identifiées.

Ces femmes ont été agressées dans la rue, ou ont été victimes de violences conjugales. Certaines ont été attaquées dans des boîtes de nuit. L’une d’entre elles a été violentée par deux policiers. Le seul homme a été frappé par des cambrioleurs. Ces photos ne sont pas récentes : les attaques ont eu lieu entre 2009 et 2016, à l’exception de la victime irlandaise, qui a été attaquée en 1999.

Ce n’est pas la première fois que certaines photos sont détournées : en janvier 2016, après des agressions de femmes à Cologne lors du Nouvel An, principalement par des migrants, au moins trois de ces photos avaient été partagées sur les réseaux sociaux. Elles étaient déjà présentées à tort comme des victimes allemandes.

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