Saint-Valentin: Pourquoi les agences matrimoniales n’ont pas dit leur dernier mot (d’amour)

COUPLE A Nantes, les agences matrimoniales continuent d’attirer des célibataires, déçus d’Internet…

Julie Urbach
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Illustration d'un couple main dans la main
Illustration d'un couple main dans la main — Superstock/SIPA
  • A Nantes, il existe encore plusieurs agences matrimoniales, qui plus que résister se développent.
  • Les cœurs à prendre qui s’y inscrivent, souvent déçus d’Internet, sont en quête de « stabilité et de sincérité ».

Elle vient d’emménager avec Laurent dans la région nantaise, pour commencer « enfin une vie à deux ». Amélie, 32 ans, en est sûre : elle a trouvé « la bonne personne ». Si de nombreux célibataires continuent à guetter les « match » sur Tinder, la jeune femme a rangé son portable depuis longtemps. « J’en avais marre de tomber sur des hommes qui ne voulaient pas de relation sérieuse, se rappelle Amélie. Et puis, en continuant à surfer, j’ai découvert que les agences matrimoniales existaient toujours. Ça m’a tenté. »

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Comme elle, de nombreux cœurs à prendre franchissent les portes de ces agences, qui plus que résister se développent. A Nantes, elles se comptent sur les doigts de la main mais toutes assurent que la demande est bien là. « Nous accompagnons environ 500 personnes, et ça augmente d’années en années, témoigne Elphie Bellée, qui gère avec son mari depuis 2012 l’agence Unicis. Surtout, il y a une recrudescence des jeunes de moins de 30 ans, déjà en quête de stabilité et de sincérité. On a même reçu une demande d’une jeune fille de 22 ans, qui voulait vivre une belle histoire d’amour à l’image de ses parents ! Nous avons refusé, car c’est encore un peu trop jeune. »

« Pas de double vie »

Comment ces structures, à l’image désuète, arrivent-elles de nouveau à séduire ? « En fait, on accueille tous les déçus d’Internet, résume Céline Adam, responsable de l’agence Unicentre d’Orvault. Je reçois beaucoup de femmes qui ont besoin d’être rassurées, après avoir été victimes de manipulateurs. Chez nous, pas de mauvaises surprises, pas de double vie. On demande les papiers d’identité, voire le certificat de divorce quand c’est nécessaire. On fait aussi signer une déclaration sur l’honneur. »

Ensuite, pour que ça colle, les agences jouent à fond sur l’accompagnement. Après un long entretien et un questionnaire à remplir (êtes-vous fumeur ? aimez-vous les animaux ? quelle est la taille approximative de la personne recherchée ?), des propositions de rencontre sont faites selon les critères des uns et des autres. « Avant le rendez-vous, je leur parle longuement de la personne, et je leur donne des conseils, continue Elphie Bellée, de Unicis. On n’envoie pas la photo, pour ne pas retomber dans les travers des sites de rencontre. Les gens nous font confiance. »

Un coût pour que ça dure

Une démarche qui manque un peu de romantisme, non ? Peut-être mais ces professionnels de la rencontre assurent que les couples qu’ils forment (80 % de réussite chez Unicis) durent. Et quand ça ne fonctionne pas tout de suite, ils sont aussi là pour dire qu’il ne faut « pas perdre espoir ». Pour Amélie, il a fallu neuf rencontres avant que ça n’aboutisse (c’était la première pour son compagnon). « Honnêtement, je ne m’attendais plus à grand-chose. D’autant que mon abonnement allait prendre fin… »

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Car évidemment, tout ceci à un coût. Pour tenter l’aventure, comptez en moyenne 100 euros par mois, pendant un an, avec une garantie de confidentialité. Car si les agences ne veulent plus de cette image has been, tous les clients n’assument pas jusqu’au bout d’y avoir fait appel. Amélie et Laurent, dont les prénoms ont été modifiés à leur demande, n’ont d’ailleurs pas raconté à leurs proches la façon dont ils sont tombés amoureux. « C’est notre petit secret ! »