C'est le retour du service national obligatoire.
C'est le retour du service national obligatoire. — Blondet Eliot-POOL/SIPA

VOUS TEMOIGNEZ

Service militaire obligatoire: «L'éducation des jeunes, il y a un grand ministère pour cela»

Le gouvernement a annoncé que le service national sera obligatoire et universel...

  • Fin des cafouillages, le gouvernement souhaite bien instaurer un service national obligatoire et universel.
  • Entre 600.000 et 800.000 jeunes par an, garçons et filles confondus, devraient être concernés par cette mesure.
  • Les internautes n’ont pas tous un souvenir heureux de leur service militaire et la conscription à la sauce Macron leur laisse tout autant un ressenti mitigé.

Promis par Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle, le service national sera bien universel et obligatoire. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux a précisé « C’est un moment de rencontre entre la jeunesse de notre pays et la nation, et en partie son armée, mais ça peut être aussi un engagement civique, comment est-ce qu’on donne de son temps utilement à la nation. » Quant au président de la République, il a estimé que sa durée devrait varier entre « 3 et 6 mois ».

Nous avons demandé aux internautes de 20 Minutes quels souvenirs ils ont gardé de leur service militaire quand la conscription était de douze mois et quel regard ils portent sur la proposition de l’exécutif.

>> A lire aussi : Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb souhaite un service national universel «obligatoire»

Merci pour ce moment

Jérôme est nostalgique de son service militaire qu’il a effectué avec « 3 personnes vivant à l’étranger (USA, Espagne, anglaise) ». Ce que cette période lui a appris ? « Respect de l’autorité, droiture et surtout connaissance d’autres cultures. De grands moments riches et intenses en découvertes, amitiés voire fraternité. » Rétablir un service national lui paraît partir d’une bonne intention : « Pour moi, c’est l’institution à remettre à jour et ce en urgence, vu la dérive totale que prennent une foule de jeunes désœuvrés à faire n’importe quoi et qui n’ont aucun respect pour quiconque. »

Jean-Pierre commence par regretter la suppression du service militaire obligatoire, décision prise par Chirac en 1996 (effective l’année suivante) dans une volonté de professionnaliser les armées. Selon lui « Le service militaire était une façon de mettre les jeunes sur la voie de l’autorité et de l’organisation de la prise en charge de leurs responsabilités… Il permettait à des jeunes originaires des campagnes profondes d’entrer dans le monde réel en les sortant de leur monde paysan. » Comme Jérôme, il croit que le réinstaurer, même sous une forme « modernisée », est susceptible de remettre sur le droit chemin « des milliers de jeunes en désespérance complète ».

« Une très belle et grande école de la vie »

Le « brassage social » tant vanté par le président de la République quant aux objectifs du service national universel et obligatoire, parle profondément à Eric : « J’ai rencontré des gens que je n’aurais pas forcément rencontrés, de divers horizons sociaux et culturels. On était tous en treillis et rangers, tous au même rang ce qui nous rendait solidaires. »

Quant à Jacques, l’année de son service militaire fut tout simplement « l’une des plus belles de sa vie ». Il a eu la chance de la passer avec la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris : « Une année à être au service des autres, à les aider, essayer dans le pire
des cas, de les sauver. J’ai vraiment appris le respect, l’ordre et la méthode, la persévérance, la confiance en soi, la solidarité et surtout à garder le sourire même quand l’envie n’est pas là. Une très belle et grande école de la vie. »

Le service ? Non merci !

D’autres n’ont pas vraiment les yeux qui brillent quand ils se remémorent cette période. Patrice a effectué son service en 1994. S’il reconnaît certains bénéfices à cette expérience : « J’y ai découvert des jeunes sympas, dans des situations que je n’imaginais pas : des gars qui savaient à peine lire, des gars qui ne prenaient pas de douche, des gars qui avaient besoin de moi pour écrire à leur copine ou à leur avocat et qui, parfois, ont découvert un métier à l’Armée (la topographie pour un p’tit gars de banlieue déscolarisé très tôt par exemple). », son ressenti est globalement négatif, comme l’impression d’avoir gâché toute une année. Philippe n’a rien contre le service universel voulu par Macron « à condition qu’il serve à quelque chose » mais préférerait oublier ce qu’il a vécu : « 8 mois de galère à la BA 106 de Mérignac, avec un capitaine qui a refusé que j’aille aux services des sports, qui m’a donné une machine à écrire en face de son bureau. Résultat, on a joué au chat et la souris et je me suis fait chier pendant 8 mois. »

Jean-Luc reconnaît que le service militaire peut favoriser « la mixité sociale, ethnique et géographique des gens qu’on y croise » et… c’est tout : « Cela ne sert à rien, on n’y apprend rien sauf à attendre des heures sans rien faire ni savoir pourquoi, marcher au pas tu parles d’un grand savoir ! (…) L’éducation des jeunes, il y a un grand ministère qui est là pour cela. »

Les principaux concernés verront-ils ce dispositif comme une chance dans leur parcours ou comme une année de perdue ? Réponse dans les mois à venir.