Marseille: Depuis l'attaque de la gare Saint-Charles, le centre de rétention administrative du Canet est plein

CENTRE DE RÉTENTION La Cimade a dénoncé une « explosion de l’enfermement » dans toute la France depuis l’attaque de Marseille…

A.M. avec AFP

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Le centre de rétention administrative du Canet en 2010.

Le centre de rétention administrative du Canet en 2010. — P. Magnien / 20 Minutes / Archives

  • Le centre de rétention administrative est plein depuis l’attaque de la gare Saint-Charles perpétrée par un Tunisien sans papiers le 1er octobre dernier.
  • Le directeur explique que la situation est difficile car le centre est plein.
  • Des députés de LREM des Bouches-du-Rhône ont visité le site avant de « légiférer » sur le sujet.

Le centre de rétention administrative du Canet (CRA) à Marseille est plein depuis l'attaque de la gare Saint-Charles perpétrée par un Tunisien en situation irrégulière le 1er octobre dernier. Le nombre de migrants retenus au centre de rétention administrative ne cesse d’augmenter depuis, ce que l’on a appris lundi en marge d’une visite de deux députés LREM des Bouches-du-Rhône.

« Depuis l’attaque de Saint-Charles, en plus des migrants irréguliers et des sortants de prison, on a des personnes que l’autorité judiciaire a décidé de ne pas poursuivre mais que le préfet a décidé de placer en rétention », a expliqué à l’AFP le directeur zonal de la Police aux frontières Sud, Thierry Assanelli. Selon lui, le CRA du Canet est « difficile, car il est plein ».

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Une « explosion de l’enfermement »

Début janvier, la Cimade, qui défend les étrangers, avait dénoncé une « explosion de l’enfermement » dans toute la France depuis l’attaque de Marseille Le 1er octobre, sur le parvis de la gare Saint-Charles, un Tunisien en situation irrégulière avait tué deux jeunes femmes. Interpellé deux jours auparavant pour un vol dans un centre commercial à Lyon, il avait été remis en liberté au lieu d’être envoyé vers un CRA, un dysfonctionnement qui avait notamment entraîné le limogeage du préfet du Rhône.

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Depuis ces faits, « des personnes qui commettent de petits délits, comme un vol à l’étalage, peuvent être placées en rétention », a confirmé le directeur zonal de la PAF lundi.

Augmentation éventuelle de la durée de rétention

« Avant, on avait des libérations pour les personnes non identifiables ou pour les ressortissants de pays comme la Libye, aujourd’hui non, on les retient 45 jours », soit la durée maximale d’une rétention administrative, a abondé Martine Bonnet, la responsable du CRA. Interrogée sur l’augmentation éventuelle de la durée maximale de la rétention administrative, de 45 à 90 jours, inclus dans le projet de loi asile, elle a assuré : « On s’adaptera, on trouvera des activités. »

Le CRA de Marseille compte 116 places, mais lundi 20 d’entre elles étaient marquées « HS » (Hors service) sur les tableaux de service. Des travaux sont prévus dans ces chambres dans les mois à venir. Au total, une trentaine de députés devaient se rendre lundi dans des zones d’attente ou des centres de rétention administrative, avant le début des débats sur le projet de loi asile. La députée LREM des Bouches-du-Rhône Alexandra Louis, avocate, tenait à « voir la réalité telle qu’elle est avant de légiférer sur le sujet », a-t-elle expliqué.