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JUSTICEPourquoi Cécile Bourgeon a-t-elle été condamnée pour la mort de Fiona?

Affaire «Fiona»: Pourquoi Cécile Bourgeon a-t-elle été condamnée à 20 ans de réclusion?

JUSTICE
Acquittée des faits criminels lors du procès en première instance, Cécile Bourgeon a été condamnée en appel, dimanche, à 20 ans de réclusion criminelle…
Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012.
Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012. - Thierry Zoccolan / AFP
Vincent Vanthighem

Vincent Vanthighem

L'essentiel

  • Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf ont été condamnés à 20 ans de réclusion.
  • Ils ont été reconnus coupables des coups ayant entraîné la mort de Fiona, en 2013.
  • L’avocat de la mère de la fillette a annoncé le dépôt d’un pourvoi en cassation.

De notre envoyé spécial à la cour d’assises de la Haute-Loire (Puy-en-Velay)

Renaud Portejoie a toujours eu conscience que sa cliente n’était « pas sympathique ». L’avocat en a même fait un argument au moment de s’adresser, samedi, aux jurés avant qu’ils ne partent délibérer. « Oui, vous pouvez détester Cécile Bourgeon ! Mais vous ne pouvez pas la condamner ! » Il n’a pas convaincu… La cour d’assises de la Haute-Loire a condamné la mère de Fiona, tout comme son ex-compagnon Berkane Makhlouf, à 20 ans de réclusion criminelle pour les coups ayant entraîné la mort de la fillette sans intention de la donner, en mai 2013.

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Acquittée lors du procès en première instance, à Riom (Puy-de-Dôme) en 2016, la trentenaire a, cette fois-ci, écopé d’une lourde peine qu’elle doit autant à son attitude qu’à une lecture juridique différente du dossier. Les jurés ont, en effet, estimé qu’il n’était pas nécessaire de savoir exactement lequel des deux accusés avait porté les coups mortels à la fillette pour les condamner « en réunion ». « Un coup plus un coup, ça tue !, avait ainsi résumé l’avocat général dans ses réquisitions. Nul besoin de savoir qui a frappé le dernier. »

Berkane Makhlouf l’avait chargée dès 2014

Dans ce huis-clos sordide, les deux anciens toxicomanes n’ont eu de cesse de se rejeter la faute l’un sur l’autre, prétendant, tour à tour, n’avoir jamais levé la main sur Fiona, 5 ans. Si le jury de Riom avait estimé, en 2016, que Cécile Bourgeon ne pouvait être condamnée sur la foi des « déclarations tardives et variables » de son ex-compagnon, celui du Puy-en-Velay a donc renversé la vapeur à son propos.

Car les déclarations de Berkane Makhlouf n’étaient en fait ni « tardives » ni « variables »… Extirpant un à un les PV d’audition du volumineux dossier, Raphaël Sanesi de Gentile, l’avocat général, a expliqué que Berkane Makhlouf avait parlé, dès 2014, des « coups de pompes et des claques » infligés par son ancienne compagne à « la chair de sa chair ». Et surtout qu’il les avait confirmés à huit reprises au cours de l’instruction !

Le doigt d’honneur choquant adressé au père de Fiona

Mais un verdict de cour d’assises se fonde aussi sur la personnalité des accusés. Et celle de Cécile Bourgeon ne l’a pas aidée à recouvrer la liberté. Agaçante, irritante, cassante, la trentenaire a passé son temps à pourrir cette audience éprouvante, allant même jusqu’à bouder deux journées entières de procès en refusant de rejoindre le box des accusés.

Planquée derrière sa frange blonde et son col à fourrure, elle n’a accepté de se lever de son banc que pour répondre de mauvaise grâce aux questions qui lui étaient posées. Préférant adresser un doigt d’honneur choquant au père de Fiona. Et expliquer qu’elle « se foutait » de l’avocat général et qu’elle continuerait à s’en foutre, quand bien même il montrerait « son cul ».

Les jurés n’ont sans doute pas fait abstraction non plus des doutes entourant l’amnésie dont elle dit souffrir au sujet du lieu où elle assure avoir enterré sa fillette, « nue et sans même un doudou » et qui n’a jamais été découvert.

Un pourvoi pour obtenir un quatrième procès

Également condamnée au « retrait total » de l’autorité parentale sur ses deux autres enfants, dont la petite sœur de Fiona, Cécile Bourgeon n’a pas mis plus de dix minutes, une fois le verdict rendu, à indiquer qu’elle comptait déposer un pourvoi en cassation dans le but d’obtenir un nouveau procès.

Il y a peu de chances que sa demande aboutisse. Mais si c’est le cas, ce serait alors le quatrième procès consacré à cette affaire. A n’en pas douter, une nouvelle épreuve pour le père de Fiona mais aussi pour les magistrats et les jurés qui seraient alors chargés de se confronter à cette accusée particulière.

*Revivez en direct le procès sur le compte Twitter de notre journaliste : @vvantighem

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