Notre-Dame-des-Landes: Avion brûlé, triton géant... La fête a battu son plein sur la ZAD

AEROPORT Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont festoyé, samedi jusque tard dans la nuit, pour fêter l'abandon du projet...

20 Minutes avec AFP

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Rassemblement du 10 février sur la ZAD
Rassemblement du 10 février sur la ZAD — JS Evrard/AFP
  • Une journée festive, intitulée «Enracinons l'avenir», était organisée samedi sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes
  • Un triton géant et des tracteurs transformés en chars ont notamment pris part à un défilé «carnavalesque».

Des milliers d’opposants ont défilé samedi sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes  pour célébrer l'abandon du projet quinquagénaire d’aéroport et réaffirmer leur détermination à gagner une deuxième bataille : celle de la gestion collective des terres. Au son de fanfares et dans une ambiance bon enfant, les manifestants de tous âges, munis de bottes ou de chaussures de randonnée, se sont élancés sur les chemins de la ZAD. Les militants ont festoyé jusque tard dans la nuit, autour de cinq scènes musicales.

Un triton géant crêté et des tracteurs transformés en chars ont pris part à un défilé « carnavalesque ». Quelque 8.500 personnes étaient présentes sur le site, selon la préfecture, 30.000 à 40.000 selon les organisateurs. Beaucoup de manifestants avaient collé sur leur sac à dos un tout nouvel autocollant : « Notre-Rêve-des-Landes ».

Rassemblement du 10 février sur la ZAD
Rassemblement du 10 février sur la ZAD - JS Evrard/AFP

« Grands projets inutiles »

Dans le cortège, les pancartes faisaient référence à d’autres projets contestés : centre d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure (Meuse), réacteur EPR de Flamanville (Manche) ou ligne à grande vitesse (LGV) Lyon-Turin. « C’est toujours important de se réunir tous ensemble. La force du peuple fait qu’on peut avoir l’espoir d’un monde meilleur », avançait Doriana Moscone, militante anti LGV (« No Tav ») de 54 ans.

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Les manifestants se sont aussi rassemblés dans un champ avoisinant la ferme de Bellevue, baptisé le « champ du grand moment ». Ils ont assisté à l’immolation par le feu d’un avion en bois, posé sur des bottes de paille. D’autres maquettes représentant des « grands projets inutiles » ont subi le même sort. Un épouvantail surmonté d’une photo du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a également été mis à feu. Certains ont alors improvisé une joyeuse farandole autour du bûcher.

Rassemblement du 10 février sur la ZAD
Rassemblement du 10 février sur la ZAD - JS Evrard/AFP

« Enracinons l’avenir »

Ce « jour de carnaval » marque « la genèse de l’avenir du bocage », selon les opposants. Ils défendent un projet collectif de gestion des terres de la ZAD, comme au Larzac après l’abandon du projet d’extension du camp militaire. Sous le mot d’ordre « Enracinons l’avenir », les manifestants ont apporté un arbre ou une plantation, pour envoyer un signal à l’État avant l’ouverture des négociations sur le devenir agricole du site.

« Le moment le plus enthousiasmant et exaltant commence aujourd’hui. Il faut qu’on montre qu’on reste complètement déterminés à continuer à prendre soin de ce bocage », dit une occupante de la ZAD sous couvert du prénom mixte « Camille ». Cette démonstration de force vise aussi à « réaffirmer le refus des expulsions » après le 31 mars, date butoir fixée par l’État pour que les occupants illégaux rentrent « dans la légalité ».

Rassemblement du 10 février sur la ZAD
Rassemblement du 10 février sur la ZAD - JS Evrard/AFP

« Riverains en colère »

Une frange de zadistes radicaux opposés à la « normalisation de la zone » a organisé un rassemblement « off », près de l’ex- « route des chicanes », qui servait de parking samedi. Cette même minorité avait arrêté les premiers travaux de remise en état de la route, assurés désormais en présence des gendarmes mobiles.

A une trentaine de kilomètres plus au sud, 200 « riverains en colère » ont manifesté à Bouguenais, près de Nantes, contre la « démocratie bafouée » après l’abandon du projet de transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.