Aéroport Notre-Dame des Landes: Des milliers d'opposants vont fêter sur la Zad l'abandon du projet

MOBILISATION Dans une ambiance carnavalesque, des milliers de personnes vont déambuler dans la Zad, accompagnées de fanfares et de chars, et festoyer jusque tard dans la nuit…

H. B. avec AFP

— 

Des zadistes criant victoire après l'annonce de l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes.
Des zadistes criant victoire après l'annonce de l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes. — LOIC VENANCE/AFP

« Ce sera une fête grandiose, inouïe, hors norme ». Des milliers d’opposants sont attendus ce samedi sur la Zad pour fêter « la victoire de l’abandon » du projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes et réaffirmer leur détermination à gagner une deuxième bataille, celle de la gestion collective des terres « sauvées du bétonnage ».

Des militants anti-NDDL venus de toute la France, mais aussi d’Europe, doivent converger à la mi-journée sur ce territoire bocager de 1.650 hectares, pour y célébrer, à l’appel du mouvement très hétérogène des anti-aéroport, la fin officielle de ce projet né dans les années 1960, devenu le vecteur de l’opposition à d’autres programmes d’infrastructures.

Une « fête démesurée »

Pour célébrer cette « victoire après une bataille de plus de cinquante ans », les anti-aéroport ont prévu une « fête démesurée » : dans une ambiance carnavalesque, des milliers de personnes, voire « des dizaines de milliers » selon les organisateurs, doivent déambuler dans la Zad, accompagnées de fanfares et de chars, et festoyer jusque tard dans la nuit, autour de cinq scènes musicales.

>> A lire aussi : Sur la Zad, les opposants savourent «un rendez-vous avec l’Histoire»

Le point d’orgue de cette mobilisation est attendu vers 15h, dans un champ de la ferme de Bellevue, occupée depuis janvier 2013 par un collectif de paysans anti-aéroport, où sera brûlée une grande effigie de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ce « jour de carnaval », fête symbolisant la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps, marque « la genèse de l’avenir du bocage », selon le mouvement anti-aéroport, qui porte un projet collectif de gestion de l’usage des terres de la Zad, comme cela s’est fait au Larzac après l’abandon du projet d’extension du camp militaire.

Cette démonstration de force vise aussi à « réaffirmer le refus des expulsions »

Sous le mot d’ordre « Enracinons l’avenir », les manifestants sont appelés à venir chacun avec un arbre ou une plantation, une action symbolique mais aussi un signal fort envoyé à l’État, alors que la préfète de la région Pays de la Loire, Nicole Klein, s’apprête à ouvrir les négociations sur le devenir agricole du site.

>> A lire aussi : Les cinq questions que pose l’abandon du projet d’aéroport

« Le moment le plus enthousiasmant et exaltant, il commence aujourd’hui. Il faut qu’on montre qu’on reste complètement déterminés à continuer à prendre soin de ce bocage », explique une occupante de la Zad sous couvert du prénom mixte « Camille ». Cette démonstration de force vise aussi à « réaffirmer le refus des expulsions » après le 31 mars, date butoir fixée par l’État pour que les occupants illégaux rentrent « dans la légalité ».

>> A lire aussi : Nouvelle manifestation des riverains en colère samedi

A une vingtaine de kilomètres plus au sud, les « riverains en colère » de l’aéroport de Nantes tenteront eux aussi de faire entendre leurs voix. Soutenus par les associations qui étaient favorables au transfert de la plateforme à Notre-Dame-des-Landes, ils appellent à une manifestation à 11h à Bouguenais, contre la « haute trahison de l’État ».