Lyon: Il y aura une nouvelle ligne de métro...mais pas avant 2030

TRANSPORTS Les premières études de faisabilité laissent entrevoir deux hypothèses pour le tracé, qui demandent à être affinées…

Caroline Girardon

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La future ligne de métro E à Lyon, qui desservirait l'Est lyonnais, ne devrait pas voir le jour avant 2030 (illustration)
La future ligne de métro E à Lyon, qui desservirait l'Est lyonnais, ne devrait pas voir le jour avant 2030 (illustration) — Elisa Riberry / 20 Minutes
  • Le SYTRAL, syndicat mixte qui gère les transports en commun lyonnais, a assuré que la ligne E du métro devrait être mise en service en 2030.
  • Pour l’heure, deux scénarios concernant le tracé sont envisagés.

Il y aura bien une nouvelle ligne de métro à Lyon. Mais pas avant 2030. C’est ce qu’a assuré le Sytral, syndicat mixte des transports en commun, ce vendredi en présentant les deux hypothèses retenues pour le tracé de la ligne E, qui devrait rejoindre la gare d’Alaï à Tassin-la-demi-Lune et desservir plus globalement l’Ouest Lyonnais ayant vu sa population augmenter de 8 % entre 2010 et 2015.

Pour l’heure, le projet est au stade embryonnaire. Les premières études de faisabilité (financées dès 2014) ont permis d’écarter dix scénarios avec certitude. Les élus en ont privilégié deux.

Une ligne de 6 à 7 kilomètres

Le premier prévoit de relier Bellecour à Alaï en cinq stations en passant par les quartiers de Saint-Irénée, du Point-du-Jour et de Constellation. Soit un tracé de 6 kilomètres qui permettrait aux voyageurs de récupérer les lignes de métro A et D à Bellecour.

Le Sytral étudie deux scénarios pour la réalisation de la ligne de métro E de Lyon, dont l'un reliant le quartier de Bellecour à celui d'Alaï.
Le Sytral étudie deux scénarios pour la réalisation de la ligne de métro E de Lyon, dont l'un reliant le quartier de Bellecour à celui d'Alaï. - Sytral

La seconde hypothèse est de construire une ligne de 6,6 kilomètres, partant cette fois de l’Hôtel de Ville. Transitant par la gare Saint-Paul, elle arriverait au même endroit et desservirait également les hauteurs du 5ème arrondissement de Lyon. Car les élus ont conscience de la nécessité de « décongestionner » le secteur, relié principalement au centre-ville par des lignes de bus.

Le Sytral étudie deux scénarios pour la réalisation de la ligne de métro E de Lyon, dont l'un reliant le quartier des Terreaux à celui d'Alaï.
Le Sytral étudie deux scénarios pour la réalisation de la ligne de métro E de Lyon, dont l'un reliant le quartier des Terreaux à celui d'Alaï. - Sytral

 

Le secteur de l'ouest Lyonnais est l'un de ceux les moins bien desservis par les transports en commun.
Le secteur de l'ouest Lyonnais est l'un de ceux les moins bien desservis par les transports en commun. - Sytral

Le tramway jugé aussi cher que le métro

« Aujourd’hui, on voit bien que l’ensemble de nos lignes de tramway et de métro sont victimes de leur succès. Dans une métropole qui gagne des habitants et qui est très dynamique, on a toujours besoin de développer son réseau, de l’entretenir et de préparer l’avenir », argumente Fouziya Bouzerda, la présidente du Sytral. Si la solution du tramway a été étudiée, elle a ensuite été rapidement écartée au profit du métro.

>> A lire aussi : Lyon: Le projet de ligne de métro jusqu'à Tassin enfin à l'étude

« La topographie des lieux ne permet pas de développer un réseau de bus efficace avec des couloirs dédiés, ni de développer une ligne de tramway. Avec la pente (120 mètres de dénivelé entre Bellecour et le haut de la colline de Saint-Just), on ne parviendrait pas à faire fonctionner techniquement le tramway. Il faudrait la faire passer sous un tunnel. Au final, cela coûterait quasiment aussi cher que de faire une ligne métro », ajoute Fouziya Bouzerda. À savoir aux alentours d’un milliard d’euros pour celle d’Alaï.

60.000 voyageurs par jour

Promesse de campagne de l'ancien maire de Lyon Gérard Collomb durant les élections municipales de 2014, la ligne E permettrait de transporter 60.000 voyageurs par jour. « Là encore, il s’agit d’une estimation. Ce chiffre pourrait évoluer rapidement. A titre de comparaison, la ligne D devait à l’origine transporter 100.000 voyageurs par jour. Aujourd’hui, nous en sommes à 250.000 », explique l’élue.

Mais pour l’heure, il va falloir trancher entre les deux projets. D’autres études pour évaluer plus précisément le coût, doivent être votées avant la fin du mandat pour que les travaux soient lancés en 2020.