Notre-Dame-des-Landes: Après 10 ans sans travaux, le projet d'aéroport est caduc

AEROPORT La déclaration d'utilité publique du projet n'est plus valable à partir du 9 février 2018...

Frédéric Brenon

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La joie sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes lors de l'annonce de l'abandon du projet le 17 janvier.
La joie sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes lors de l'annonce de l'abandon du projet le 17 janvier. — L.Venance/AFP
  • Déclaré d'utilité publique il y a 10 ans, le projet d'aéroport est aujourd'hui caduc puisqu'aucun chantier n'a démarré.
  • Abandonné par le gouvernement, le projet est, désormais, définitivement enterré.
  • Les opposants vont fêter ça samedi à Notre-Dame-des-Landes.

C’est une date que les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes attendaient avec impatience. Une date qui ôte les (éventuels) derniers espoirs des pro-aéroport, encore sous le choc du renoncement gouvernemental annoncé par Edouard Philippe le 17 janvier. Ce 9 février 2018, la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet devient caduque, périmée. Il s’est en effet écoulé dix ans sans le moindre démarrage de chantier depuis que la construction de l’infrastructure est reconnue d’utilité publique.

Le fameux décret du 9 février 2008, signé à l’époque par François Fillon, Premier ministre, n’est officiellement plus valable. L’Etat, qui en avait la possibilité ces dernières semaines, n’a pas souhaité le prolonger. Une improbable relance du projet d’aéroport supposerait désormais de monter un nouveau dossier de A à Z, d’organiser une nouvelle enquête publique et d’obtenir le feu vert des commissaires enquêteurs.

Grand rassemblement festif samedi

Pour fêter ça, la coordination des opposants au projet d’aéroport appelle à une journée de rassemblement sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, samedi, à partir de midi. Au programme : pique-nique, déambulations musicales, concerts et plantations d’arbres « pour que le bocage vive longtemps ». Plusieurs milliers de participants sont attendus.

« Cette journée sera aussi l’occasion de montrer notre solidarité vis-à-vis des diverses résistances contre des projets destructeurs, indiquent les organisateurs. Si le gouvernement décidait envers et contre tout de mener des expulsions sur la ZAD, il nous faudrait alors être aussi fort nombreux à réaffirmer notre volonté de l’en empêcher. »

Des expulsions sur la ZAD au printemps ?

L’Etat a déjà fait savoir que les habitants expropriés pourraient retrouver leurs terrains, de même que les agriculteurs installés sur la zone de longue date. Quant aux Zadistes, il leur est demandé de régulariser leur situation avant la fin de la trêve hivernale (31 mars). Ceux qui refuseront s’exposeront à une expulsion par les forces de l’ordre.

La route départementale 281 traversant la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, et qui était obstruée pendant cinq ans par divers obstacles et barricades, n’est toujours pas rouverte à la circulation. Des travaux de réfection ont été engagés par le conseil départemental de Loire-Atlantique. Mais le chantier, parfois bloqué par des Zadistes, progresse lentement.

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