Action renforcée, dématérialisation... Voilà à quoi va ressembler la «police de sécurité du quotidien»

SECURITE Le ministre de l’intérieur Gérard Collomb a dévoilé ce jeudi une myriade de mesures destinées à donner corps à sa «  police de sécurité du quotidien » (PSQ)…

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb lors de la présentation de la Police de Sécurité du Quotidien (PSQ) le 8 février 2018 à Paris.
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb lors de la présentation de la Police de Sécurité du Quotidien (PSQ) le 8 février 2018 à Paris. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Un sigle pour une constellation de propositions : la police de sécurité du quotidien (PSQ) dévoilée ce jeudi par Gérard Collomb constitue en réalité un puzzle de diverses mesures. Au menu : des chantiers déjà lancés comme la réforme de la politique pénale, un rapprochement de la police et de la population, des partenariats, une accélération de la numérisation ou encore une « reconquête républicaine » ciblant certains quartiers. Voici ce qu’il faut retenir de la réforme présenter ce mercredi.

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« Action renforcée » dans des quartiers et départements prioritaires

D’ici 2020, le gouvernement veut une « action renforcée » de la police dans 60 quartiers. Une idée qui rappelle la logique des zones de sécurité prioritaire (ZSP) lancées par Manuel Valls et qui ne sont pas supprimées. Au total, 1.300 effectifs supplémentaires y seront affectés d’ici la fin du quinquennat.

« On va concentrer les moyens pour traiter la délinquance au fond », explique l’entourage du ministre. Le déploiement s’effectuera en trois vagues : 15 quartiers en 2018, 15 autres en 2019 et 30 fin 2020. Ces effectifs « dédiés » seront recrutés « sur profil » par les chefs de service localement.

Des quartiers difficiles de Lille, Aulnay-sous-Bois/Sevran, Strasbourg, Corbeil-Essonnes, Besançon, Lyon, Montpellier, Marseille (quartiers nord), Pau, Toulouse, Bordeaux​, Nouméa, Champigny-sur-Marne, Trappes, Sarcelles/Garges-les-Gonesse feront partie de la première vague de ces « territoires laboratoires » en septembre prochain.

D’autres zones à Calais, Roubaix/Tourcoing, Creil, Forbach, Torcy, Noisiel, Mulhouse, Vénissieux, Saint-Etienne, Nice, Marseille (Saint-Charles), Nîmes, Nantes, Paris, Le Havre, Asnières/Genneviliers/Colombes seront dans la deuxième vague.

En zone gendarmerie, 20 départements sélectionnés bénéficieront de 500 effectifs dédiés, majoritairement en Auvergne-Rhône-Alpes et dans l’Ouest de la France.

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Simplification et police « connectée »

L’attente d’une simplification est forte chez les forces de l’ordre. Pour Beauvau, c’est un « levier de transformation » primordial mais l’Intérieur n’est pas seul à la manoeuvre puisque la concertation associe le ministère de la Justice.

Au programme : l’extension des pouvoirs des agents et officiers de police judiciaire, l'amende forfaitaire pour certains délits comme l'outrage sexiste ou l'usage de cannabis mais aussi la possibilité d’éloigner de leur quartier certains délinquants. Une promesse du candidat Macron.

Sur le volet dématérialisation et la fin de la procédure papier, les résultats tangibles ne sont pas attendus avant 2020.

La police « connectée » vantée par Gérard Collomb prévoit le déploiement de 110.000 tablettes en police et gendarmerie d’ici 2020 et 10.000 caméras-piétons d’ici 2019.

La brigade numérique de la gendarmerie, plateforme ouverte 24/24 lancée en février est labellisée « PSQ » (« police de sécurité du quotidien ») comme l'expérimentation des pré-plaintes et des plaintes en ligne. Ou le lancement au printemps de la plateforme de signalements des violences sexuelles.

Avec la promesse de mettre fin à des tâches dites indues (fin de la gestion des procurations en 2021, externalisation de missions, extraction judiciaire reprise par l’administration pénitentiaire), la future simplification et la dématérialisation de la procédure pénale, le gouvernement prévoit le « retour sur le terrain » de 4.500 agents d’ici la fin du quinquennat.

La fin de la « politique du chiffre »

Gérard Collomb promet la fin de la « politique du chiffre » : « Je propose que ce soient les Français qui évaluent leur police, pas uniquement des séries statistiques », a déclaré le ministre au Monde.

« L'IGPN (la police des polices) va développer des méthodes d’audit de la population », décrypte l’entourage du ministre. Beauvau veut aussi alléger le « reporting statistique » mais promet aussi la création d’un « Lab’PSQ » pour évaluer la réforme en associant des chercheurs, les préfets, des élus locaux, les syndicats, les forces de l’ordre, des entrepreneurs et un « panel citoyen ».