Lyon: La grève reconduite aux urgences de l’hôpital Edouard-Herriot malgré une rencontre avec la direction des HCL

SANTE Les personnels paramédicaux des pavillons A et N entreront vendredi dans leur deuxième semaine de grève…

Elisa Frisullo

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Lyon, le 6 février 2018. Les personnels paramédicaux des urgences de l'hôpital Edouard-Herriot à Lyon, en grève, manifestent devant le siège des HCL pour réclamer davantage de moyens humains pour accueillir les patients dignement.
Lyon, le 6 février 2018. Les personnels paramédicaux des urgences de l'hôpital Edouard-Herriot à Lyon, en grève, manifestent devant le siège des HCL pour réclamer davantage de moyens humains pour accueillir les patients dignement. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • Les infirmiers et aides-soignants des pavillons A et N sont en grève pour réclamer davantage de moyens humains et matériels.
  • Ils ont reconduit la grève ce jeudi après une rencontre avec la direction des HCL qui n’a pas donné lieu à des propositions suffisantes selon les personnels mobilisés.

Les inscriptions « en grève » qu’ils arborent depuis le 2 février sur leurs blouses blanches ne sont pas près de disparaître. Ce jeudi après-midi, les infirmiers et aides-soignants des urgences d’Edouard-Herriot ont reconduit leur mouvement, après deux réunions infructueuses avec la direction de l’hôpital et des Hospices civils de Lyon.

« Nous avons quitté la salle de réunion sans dire au revoir », confie à 20 Minutes l’une des infirmières en grève du pavillon N. « L’insatisfaction des personnels est immense ». Selon les grévistes, qui réclament notamment cinq postes de brancardiers et deux d’aides-soignants pour améliorer la prise en charge des patients, des propositions ont été faites par la direction ce jeudi. Mais les pistes d’améliorations envisagées ne répondent pas à l’urgence de la situation, selon les personnels des pavillons A et N, qui dénoncent un manque de moyens matériels et humains considérable et des conséquences « désastreuses » sur les patients.

Deux postes de brancardiers en plus

La direction des HCL a proposé la création de deux postes de brancardier, « soit 3.8 équivalents temps plein », précise Patrick Deniel, secrétaire général des HCL. « Ils nous ont proposé la présence d’un brancardier la journée le week-end au pavillon N, qui actuellement ne dispose d’aucun de ces agents la nuit et le week-end. Et le pavillon A, qui n’a pas de brancardier la nuit, disposerait d’un agent la nuit à partager avec N. Ce n’est vraiment pas suffisant », estime Sarah, infirmière à N.

Le manque de brancardiers pèse cruellement dans ces services. Lorsque ces agents ne sont pas présents, leurs missions incombent aux aides-soignants. « Le temps que nous passons à transporter les malades jusqu’aux salles d’examen, nous ne sommes pas aux côtés des infirmiers pour prendre en charge dignement les patients », confiait mardi matin à 20 Minutes Anouk, rencontrée lors d’une manifestation organisée devant la direction des HCL.

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Pas assez de linge pour les patients

Cette dernière n’a pas abordé la question du manque d’aides-soignants. Mais elle s’est engagée à faire un état des lieux sur l’équipement médical des urgences et n’exclue pas, si besoin, d’augmenter l’enveloppe prévue à l’achat de fournitures supplémentaires. Quant à la pénurie de draps, rencontrée fréquemment le week-end par les personnels, aucune amélioration à court terme ne sera possible selon le secrétaire général des HCL. « Les prestations ne sont pas à la hauteur. Des pistes pour embaucher du personnel et acheter du linge sont en cours mais il n’y aura pas de solution rapide. Sur la fonction textile des HCL, il est difficile d’être rapidement en progrès », reconnaît Patrick Deniel.

Pour les infirmiers et aides-soignants, ce problème est pourtant loin d’être accessoire. « Nous devons couvrir les patients qui passent la nuit sur des brancards dans les couloirs des urgences avec des chemises de nuit parce que nous n’avons pas de draps », témoignait mardi Anouk, une autre infirmière d’HEH en grève. « Nous devons essuyer les malades avec des chemises d’hôpital parce qu’il n’y a plus de serviettes ou frotter les draps souillés des patients faute de pouvoir les changer », confiait également Gaël, déplorant d’être « poussé à de la maltraitance involontaire » par les HCL.

Nouvelle AG mardi

Les personnels mobilisés ont prévu de se rassembler mardi en assemblée générale pour faire le point sur la suite du mouvement. « Nous avons eu des propositions, c’est bien. Mais ce n’est pas suffisant. Nous ne nous sommes pas mobilisés pour si peu », ajoute Sarah.

La situation pourrait bien s’enliser, la direction des HCL estimant ce jeudi avoir fait le nécessaire pour mettre fin à la crise. « Je n’envisage pas de faire une autre proposition. Nous avons proposé des solutions pour l’équipement médical et le brancardage », rappelle Philippe Deniel, précisant que d’ici à 2020, 17 millions d’euros vont être consacrés à la rénovation des urgences d’HEH.