Pourquoi les Français les plus riches vivent plus longtemps que les pauvres

DURÉE DE VIE L'Insee publie ce mardi une nouvelle étude sur l'impact du niveau de vie sur l'espérance de vie des Français...

L.C.

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Un couple de seniors pique-nique sur la plage.
Un couple de seniors pique-nique sur la plage. — PURESTOCK/SIPA
  • L'Insee publie ce mardi une nouvelle étude sur l'impact du niveau de vie sur l'espérance de vie des Français.
  • L'enquête montre que des écarts importants de durée de vie existent dans l'Hexagone, en fonction des disparités de revenus.
  • Les Français les moins aisés sont plus souvent sujets aux comportements à risques pour la santé et ont moins accès aux soins.

Les Français les plus riches vivent jusqu’à 13 ans de plus que les plus pauvres, selon une étude publiée ce mardi par l’Insee. Si des études sur l’espérance de vie en fonction des catégories socioprofessionnelles avaient déjà été menées, c’est la première fois que la relation entre le  niveau de vie et l’espérance de vie est étudiée, indique l’institut.

Les résultats montrent que « les écarts entre les 5 % les plus aisés et les 5 % les moins riches sont extrêmement importants : de 13 ans pour les hommes, et huit pour les femmes. L’autre résultat frappant, c’est que 70 % des femmes les plus aisées ont une espérance de vie plus longue que 5 % des hommes les plus aisés », détaille Marie Reynaud, à la tête du département de la démographie de l’Insee.

 

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Education et comportements « à risques »

Les facteurs de ces écarts sont multiples. Le niveau de vie a un effet indirect sur la santé, car il va souvent de pair avec la catégorie sociale, le diplôme ou la région de résidence qui sont autant de facteurs ayant un impact sur la santé. Des études indiquent que les diplômés ont moins de comportements « à risque » que les non-diplômés. Par exemple, 39 % des personnes sans diplôme fument quotidiennement, contre seulement 21 % des diplômés du supérieur (chez les Français âgés de 15 à 64 ans), selon le  Baromètre Santé 2016.

L’étude montre toutefois qu'« avec ou sans diplôme, plus le niveau de vie est élevé et plus l’espérance de vie augmente ». Autrement dit, si le niveau d’éducation joue, les revenus pèsent davantage.

Accès aux soins

Parmi les autres facteurs, l’alimentation, l’ accès aux soins et l’ environnement également à prendre en compte. « Avec un niveau de vie plus élevé, on se nourrit mieux, on fait plus de prévention, on a un meilleur accès aux soins. Il y a un plus faible pourcentage de personnes renonçant aux soins chez les Français aisés », analyse Marie Reynaud. Inversement, les difficultés financières limitent l’accès aux soins.

Ainsi, d’après une enquête de 2014, 11 % des adultes parmi les 20 % les plus modestes disent avoir renoncé pour des raisons financières à consulter un médecin au cours des douze derniers mois, contre 1 % des adultes parmi les 20 % les plus aisés.

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Des disparités régionales

Dans l’Hexagone, des écarts d’espérance de vie se dessinent entre les régions. Ainsi, c’est en Occitanie et dans les Pays de la Loire que l’espérance de vie est la plus élevée, tandis que les Hauts-de-France et la Normandie occupent le bas du classement.

Pour Marie Reynaud, ces disparités « peuvent être expliquées par des différences en matière d’habitudes alimentaires, de consommation de tabac et d’alcool, de pollution et d’environnement et aussi d’offre de soins ».