Toulouse et Montauban: Deux semaines de blocages et de mobilisation des agriculteurs... et un gros sentiment d'abandon

AGRICULTEURS La grogne des agriculteurs paralyse régulièrement Toulouse et Montauban depuis plusieurs jours. Les agriculteurs se sentent abandonnés, tout comme les citadins bloqués...

Beatrice Colin

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Des agriculteurs mènent une opération au niveau du rond-point de la sortie 60 de l'autoroute A20, au nord de Montauban, le 6 février 2018.
Des agriculteurs mènent une opération au niveau du rond-point de la sortie 60 de l'autoroute A20, au nord de Montauban, le 6 février 2018. — G. T. / 20 Minutes
  • Depuis plusieurs jours les agriculteurs d’Occitanie manifestent contre le projet de nouvelle carte des zones défavorisées.
  • Après un rendez-vous vendredi, leurs représentants syndicaux sont reçus ce mercredi à Paris alors que sur le terrain plusieurs actions de blocage sont en cours.
  • Les blocages durent depuis plusieurs à Montauban et Toulouse, avec pour conséquence des dégâts sur les chaussées.

Depuis plusieurs jours, les agriculteurs se mobilisent en Occitanie contre la future carte européenne des zones défavorisées, qui exclut de nombreuses communes de la région.

Cette réforme sera normalement entérinée le 15 février et risque de faire perdre à de nombreux exploitants une aide financière importante appelée indemnité compensatoire de handicaps naturels, qui permet de maintenir dans certaines zones de montagne par exemple, une activité agricole.

Blocage sporadique ou permanent

Pour se faire entendre auprès du gouvernement, les agriculteurs mènent des opérations escargot et bloquent les accès routiers. De manière sporadique comme lundi soir sur l’A68, entre Albi et Toulouse, mardi sur l’A64 ou toute la journée ce mercredi.

Ou de manière permanente, comme c’est le cas depuis plus de 10 jours sur la rocade de Montauban où ils se relaient nuit et jour et où, ce mercredi, les transports scolaires sont une nouvelle fois suspendus.

Une mobilisation qui sur le fond a reçu de nombreuses marques de soutien, que ce soit de la part d’élus comme la présidente de la Région Carole Delga.

Mais aussi de citoyens lambda. Dont certains dénoncent sur les réseaux sociaux le « silence assourdissant » des représentants du gouvernement.

Après avoir reçu une délégation vendredi, le ministre de l’Agriculture doit à nouveau rencontrer les représentants syndicats de la FRSEA Occitanie et des Jeunes agriculteurs aujourd’hui.

Des blocages et des dégâts

En attendant, pour mettre la pression, les coupures d’autoroutes se poursuivent, tout comme les déversements sur le bitume. Et cela se traduit souvent par des dégâts.

Rien que pour la manifestation du 31 janvier, la Direction interdépartementale des routes du Sud-Ouest (DIRSO) a chiffré à 120.000 euros le montant de dégâts, sans compter la mobilisation de ses équipes.

Chez Vinci Autoroutes, gestionnaire de l’A20 bloquée depuis plusieurs jours, mais aussi de l’A68 ou encore l’A62, on n’a pas encore d’estimation chiffrée. Mais le bilan sera important car des feux de paille et pneus ont endommagé les routes, notamment du côté de la Roseraie ou encore du péage de Muret mardi soir.

« Toutes ces chaussées, il faudra les refaire et fermer les axes durant la nuit. Il y a aussi des tags, des panneaux ou portiques arrachés. Et puis nous avons aussi plusieurs centaines de tonnes de déchets que l’on doit retraiter via une filière de tri spécialisée », indique un porte-parole.

Pas d’intervention

La préfecture d’Occitanie encadre le mouvement sans intervenir. « Les forces de police et de gendarmerie assurent la sécurité aux abords des points de blocage et mettent en place, avec les gestionnaires routiers, des itinéraires alternatifs quand cela est possible. Policiers et gendarmes sont en mesure d’intervenir pour assurer la protection des biens et des personnes en cas de débordement », assure les services de l’Etat.

Pour l’heure, la seule intervention visible a consisté à protéger le bâtiment de la préfecture le 31 janvier dernier, lorsque les agriculteurs ont manifesté au centre-ville de Toulouse.

Certains automobilistes se sentent abandonnés et interpellent régulièrement le gouvernement.