Service national universel: Un rapport qui accable la promesse de campagne d’Emmanuel Macron

DEFENSE « Complexe », « coûteux » et pour un résultat qui serait peu probant… Un rapport commandé en septembre par Édouard Philippe a rendu ses conclusions sur le projet d’instaurer un service national universel…

F.P.

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Emmanuel Macron à la base navale de Toulon le 19 janvier 2018.
Emmanuel Macron à la base navale de Toulon le 19 janvier 2018. — Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Un projet complexe et au coût trop important… Un rapport sur la faisabilité d’instaurer un service national universel émet de nombreuses réserves sur cette promesse de campagne d’Emmanuel Macron, indique ce lundi le journal Les Echos qui s’est procuré le rapport.

Ce rapport avait été commandé en septembre dernier par Edouard Philippe auprès des inspections générales de l’administration, des armées, des finances, de l’éducation, de la jeunesse et des sports. Il a étudié trois scénarios pour la mise en place de ce service national universel.

Quelles propositions ?

Le premier consisterait en un service d’un mois complet, avec une formation militaire élémentaire, de l’éducation civique et citoyenne ainsi que des activités sportives. C’est l’option qui se rapproche la plus de la promesse de campagne d’Emmanuel Macron, à savoir un service obligatoire d’un mois pour les jeunes entre 18 et 21 ans. Un deuxième scénario, d’un mois également serait « sécable » avec une journée de la citoyenneté élargie à cinq journées complétée de trois semaines avec « des engagements à préciser ».

Enfin, un troisième scénario serait sous la forme d’un parcours à réaliser entre 16 et 20 ans dans les établissements scolaires. Ce parcours serait encadré par « des militaires d’active ou de réserve », « des professeurs rémunérés dans le cadre des heures complémentaires, des éducateurs sportifs », précise Les Echos.

La question de l’hébergement…

Ces trois options ont toutes des limites. Le rapport s’inquiète notamment de la question de l’hébergement des jeunes durant ce service national universel. Où héberger les jeunes pendant le service ? Les rapporteurs évoquent les 226.000 places d’internat des lycées et collèges pouvant être utilisées durant les vacances d’été, voire les 120.000 place des CROUS (centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires), indique Les Echos avant de préciser que certains de ces internats sont vétustes et que l’option de l’internat obligatoire est jugée « très complexe ».

D’une manière générale, le rapport en vient à conclure que « les positions exprimées à ce jour sur le service universel d’un mois font ressortir d’importantes réserves tenant à la fois au caractère obligatoire de ce service, à l’importance des moyens matériels et humains à mobiliser pour accueillir et encadrer toute une classe d’âge, pendant plusieurs semaines… » Les rapporteurs émettent aussi des doutes sur « la possibilité d’entretenir un résultat significatif, en un mois, au regard des objectifs affichés ». Le coût de fonctionnement – de 2,4 à 3,1 milliards d’euros annuels selon les scénarios — est alors à confronter « aux autres besoins de financement de l’action publique, glisse le rapport.