Lyon: En raison des nuits glaciales annoncées, la préfecture ouvre un gymnase pour les sans-abri

SOCIAL Un gymnase de 110 places doit ouvrir ce lundi soir. Un dispositif insuffisant, des centaines de personnes dormant dehors selon les professionnels de l'urgence sociale...

Elisa Frisullo
— 
La préfecture du Rhône a décidé d'activer son plan grand froid dès ce 5 février en raison des températures glaciales prévues la nuit dans les prochains jours. Illustration.
La préfecture du Rhône a décidé d'activer son plan grand froid dès ce 5 février en raison des températures glaciales prévues la nuit dans les prochains jours. Illustration. —
  • Un gymnase de 110 places doit ouvrir ce lundi soir pour mettre à l’abri les plus démunis à Lyon.
  • Les professionnels de l’urgence sociale dénoncent un manque cruel de places et le système mis en place par les autorités pour « masquer » le nombre réel de personnes à la rue dans le département.

Des journées froides et des nuits glaciales. Suite aux prévisions météorologiques annonçant sur le département des températures négatives la nuit, la préfecture du Rhône a décidé ce lundi d’activer son plan grand froid.

Dès ce 5 février au soir, un gymnase ouvrira dans le 6e arrondissement de Lyon pour mettre à l’abri une partie des nombreuses personnes toujours sans solution d’hébergement. L’établissement, géré par le Foyer Notre-Dame-des-Sans-Abri offrira une capacité de 110 places. À ce jour, 1060 places ont été ouvertes dans le Rhône pour les sans-abri dans le cadre du dispositif hivernal.

6.700 places pour les sans-abri selon l’État

« Les dispositifs pérennes d’hébergement d’urgence, augmentés des places hivernales offrent une capacité de plus de 6.700 places », précisent les services de l’État. Des capacités toujours insuffisantes à en croire les professionnels travaillant au quotidien auprès des plus démunis, qui n’ont eu de cesse, depuis le début de l’hiver, de dénoncer le manque cruel de places mis à disposition dans le Rhône.

La semaine dernière, le collectif de professionnel de l’urgence sociale a dénoncé le système « machiavélique » mis en place par les autorités pour dissimuler les chiffres réels des gens toujours sans toit dans le Rhône. Ils ont notamment affirmé que seules les personnes signalées par les professionnels étaient réellement considérées comme vivant dans la rue par les services de l’État.

Deux mille personnes toujours sans solution ?

« Quoi de mieux qu’une stratégie mensongère pour faire diminuer le chiffre des personnes en demande d’hébergement ? Comment signaler la situation de 3.000 personnes lorsque le temps imparti ne permet d’échanger qu’avec une vingtaine d’entre eux ? Comment deux à trois équipages de Samu Social, dédiés à l’ensemble du département du Rhône, sont-ils en mesure de rencontrer l’ensemble des personnes à la rue ? », ont notamment dénoncé les professionnels, qui recensaient début janvier plus de 2.000 personnes toujours sans solution dans le département.