Vosges: Une école de ski façon Montessori est née cet hiver sur la station de La Bresse

SPORTS D'HIVER Tandis que la neige continue de tomber depuis cinq jours, la nouvelle école de ski Moon Shot, dans les Vosges, attend avec impatience le début des vacances d'hiver pour partager ses cours façon Montessori...

Bruno Poussard

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Des moniteurs de ski vosgiens adaptent la philosophie éducative Montessori à leur nouvelle école montée à La Bresse. Illustration
Des moniteurs de ski vosgiens adaptent la philosophie éducative Montessori à leur nouvelle école montée à La Bresse. Illustration — Illustration Rolfvandewal / Creative Commons / Pixabay.
  • Tandis que la neige tombe sur une grande partie du pays, une nouvelle école de ski au concept novateur est née en décembre dans les Vosges.
  • A La Bresse, les cinq moniteurs de l'école de glisse Moon Shot donnent depuis deux mois des cours adaptés à la pédagogie Montessori.

La neige a fait son retour avant le week-end dans les Vosges. Tandis que des flocons sont attendus dans de nombreux départements français, les stations du massif de l’est ne peuvent que s’en réjouir à quelques jours du début des vacances d’hiver (pour la zone B, d’abord). Tout comme les cinq moniteurs de la nouvelle école Moonshot.

Lancée le 9 décembre 2017 dans la station de La Bresse, la petite école de ski indépendante s’inspire de la philosophie Montessori. Mais si, vous savez, cette  méthode pédagogique lancée au début du XXe siècle qui s’adapte aux besoins des enfants pour les aider à grandir ensemble et qui se répand doucement dans des écoles spécialisées.

La première école de ski Montessori en France ?

Probablement adaptée pour la première fois en France par une école de glisse (en ski alpin, snow et raquettes), elle suscite l’intérêt. Pour les vacances, les créneaux de cours particuliers ne sont pas loin d’être emplis. Même si le local de l’établissement finit juste d’être aménagé, entre deux leçons données par les cinq professeurs de 30 à 60 ans.

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Plus jeune de la bande, Camille Ardizio embraye justement :

« On voulait un lieu familial et cool. Pour déstresser les gens. Leur montrer que l’on est à leur écoute pour mieux s’adapter. On voulait d’abord créer quelque chose qui nous ressemble. »

Prof de ski diplômée d'Etat depuis dix ans, cette Alsacienne originaire de Thann (qui a appris le ski en club au Markstein) s’est lancée dans l’aventure avec sa sœur aînée - en attendant leur frère cadet, encore stagiaire - en embarquant trois moniteurs expérimentés avec eux. Une idée née trois ans avant, mais amorcée au printemps 2017.

Plaisir, jeu et envie recherchés pour progresser

Depuis décembre, ces professeurs proposent des cours plus personnalisés, où les progrès des pratiquants passent par le plaisir et le jeu. Avec eux, les enfants ne descendent pas à la poursuite à tout prix des étoiles mais disposent d’un nombre de niveaux encore plus grand, valorisés autrement, autour de l’utilisation (adaptée) de leurs qualités.

« Les enfants progressent plus ou moins vite, on ne veut pas leur mettre la pression ni leur imposer de passer un flocon. On préfère leur dire ''viens, tu vas t’éclater, avancer à ton rythme''. C’est aussi pour cela qu’on s’adapte en fonction des envies. Certains s’en fichent d’être en compétition mais préfèrent faire de la forêt ou s’éclater dans la peuf [la neige]. »

Les cours collectifs sont aussi limités à huit personnes. Les plus petits mettent rarement les skis dès le premier jour. Les moniteurs ne s’énervent pas sur les enfants. Les horaires sont plus flexibles. Et les jeux remplacent les exercices. « C’est une approche différente, mais le bagage technique reste le même », ajoute encore Camille Ardizio, coach sportif en parallèle.

En attendant d’avoir une certification Montessori ?

S’ils ont quitté de grandes structures, ces moniteurs de ski qui ont (au moins) un autre métier à côté l’ont fait pour « proposer autre chose », un fonctionnement et une mentalité différents dans un milieu où les indépendants sont très rares. Leurs prix, similaires en cours particuliers, sont néanmoins un peu plus élevés en groupes (car plus petits).

En attendant de lancer leur site, ils misent sur leur page Facebook pour se faire connaître, en plus du relais d’organismes locaux et de portails touristiques nationaux. Ces moniteurs se renseignent également pour obtenir une certification Montessori. À terme enfin, ils ne seraient pas contre faire des petits dans d’autres stations et massifs.