Comment en finir avec le syndrome de l'imposteur au travail

COACHING Grâce à notre coach emploi, retrouvez confiance en vos qualités...

Gilles Payet (contributeur)

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Arrêtez de vous sous-évaluer, vous méritez cinq étoiles.

Arrêtez de vous sous-évaluer, vous méritez cinq étoiles. — Geralt/Pixabay

  • Le syndrome de l'imposteur est très répandu dans le monde du travail.
  • Il consiste à sous-estimer ses qualités et son travail.
  • Or ce n'est qu'un regard subjectif qu'il convient de dépasser.

Ne pas se sentir légitime dans un poste ou dénigrer sans cesse ses réalisations est plus courant qu’il n’y paraît. Et vivre cette situation est souvent vécu comme un conflit intérieur et une souffrance. Alors, comment mieux vivre et sortir de cet état limitant pour son équilibre personnel et son développement professionnel ? Voici quelques pistes de travail.

  • Se sentir illégitime

Gaëlle est diplômée de Sciences Po. Elle pourrait en être fière et heureuse. Et pourtant elle a intégré cette école « par chance », comme elle aime le rappeler. Elle est persuadée que le jury lui a fait une fleur le jour de l’oral. Mais qu’elle ne méritait pas d’intégrer cet établissement prestigieux. Marc, quant à lui, est directeur commercial dans un groupe pétrolier. Il a 32 ans et il dirige déjà un réseau régional d’une trentaine de commerciaux. Les résultats de sa région sont bons. Il a dépassé ses objectifs et pourtant il a l’impression qu’il n’y est pour rien. Que ce sont surtout les résultats des commerciaux sur le terrain.

  • Les ressorts du syndrome

Attribuer à d’autres ses propres résultats, dénigrer ses propres réalisations ou penser que ce sont des circonstances particulières qui nous ont amenés là où nous en sommes révèlent deux distorsions majeures. La première concerne le regard que nous portons sur nous. Celui-ci est déformé. Il est subjectif. Il ne reconnaît pas nos compétences et nos qualités à leur juste valeur. Il les minimise, voire les nie complètement. Difficile dans ce cas-là de se trouver légitime. La deuxième distorsion concerne la réalité objective. Le regard sur ce qui s’est passé (promotion, idée créative, réussite à un concours, match de tennis gagné…) est erroné. L’analyse est partielle et ne retient que les éléments en notre défaveur. Ou en faveur d’autres personnes. Et du coup ce syndrome nous empêche d’aller plus loin, de progresser et de nous épanouir.

  • Les voies de l’apaisement

Le premier travail est un travail intime. Il s’agit de se réapproprier la belle personne que nous sommes. Et de regarder avec bienveillance à la fois nos défauts mais aussi toutes nos qualités, nos talents et nos réalisations. Sans chercher à les minimiser. Il est possible de commencer ce travail à partir d’une liste de qualités, en cochant (ou en demandant à un proche de le faire) celles qui nous correspondent. Et de poursuivre le travail en listant toutes les situations dans lesquelles nous mettons régulièrement en œuvre ces qualités. En faisant ainsi, on se prouve à soi-même que ces qualités sont bien là, en nous. Et que l’on pourra toujours s’appuyer sur elles en cas de besoin.

Autre travail intéressant, celui de décortiquer chaque action ou résultat obtenu pour lequel on se sent illégitime. Avec l’idée de mettre à plat, sans rien cacher de son rôle, tout ce que nous avons fait concrètement pour arriver à la situation : travail en amont, mobilisation de ressources spécifiques, capacité à déléguer une tâche à un moment stratégique, coaching d’un collaborateur, recrutement de la bonne personne… Trouver dans chaque process là où nous avons joué un rôle. Et décrire de façon factuelle (dates, faits, actions réalisées, résultats obtenus) quel a été ce rôle est un moyen efficace de reprendre le chemin de la confiance en soi et en ses capacités. Et à se sentir un acteur responsable et talentueux !

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Gilles Payet est formateur, consultant RH animateur du blog Questions d’emploi et du site Mon coaching emploi sur lequel il édite des fiches pratiques et propose du coaching sur la recherche d’emploi et l’efficacité professionnelle.