Un enseignant en garde à vue à La Réunion pour avoir eu une relation avec une élève de 14 ans

INFO «20 MINUTES» Âgé de 34 ans, ce professeur d’anglais est visé par une plainte pour « atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans » pour avoir entretenu une relation avec une élève de 14 ans…

Vincent Vantighem

— 

Une salle de classe dans un établissement de l'Ile de la Réunion (photo d'illustration).
Une salle de classe dans un établissement de l'Ile de la Réunion (photo d'illustration). — RICHARD BOUHET / AFP
  • Un enseignant a été placé en garde à vue sur l’Ile de la Réunion.
  • Il est soupçonné d’avoir entretenu une relation avec une élève de 14 ans.
  • Le père de l’adolescente a déposé plainte.
  • L'enseignant a été suspendu de l’Éducation nationale.

Dans ses derniers SMS, il la remerciait de lui « avoir fait connaître l’amour » et d’avoir fait de lui « [son] premier… » Selon nos informations, un professeur d’anglais âgé de 34 ans a été placé en garde à vue, ce jeudi à Saint-Denis (La Réunion), pour avoir entretenu une relation avec une de ses élèves qui était alors, âgée de 14 ans. 

Il s’agit de Philippe Ghanty, connu dans le milieu politique réunionnais pour avoir soutenu Bruno Le Maire lors de la primaire de la droite et du centre avant de rejoindre le Front national à la veille des dernières élections législatives.

>> Consentement : A quel âge est-on capable de dire «non»?

Suspendu de l’Education nationale en août 2017, il fait l’objet d’une plainte pour « atteinte sexuelle sur mineure de 15 ans par personne ayant autorité », déposée par le père de l’adolescente. « A priori, cette histoire a débuté au début de l’année 2017, a confié à 20 Minutes ce dernier. Notre fille a perdu son grand-père dont elle était très proche. Et cet enseignant a profité de son état de faiblesse pour se rapprocher d’elle… »

Capture d'écran des échanges entre l'enseignant et son élève.
Capture d'écran des échanges entre l'enseignant et son élève. - 20 MINUTES

Des relations sexuelles non protégées

Divorcé et père de deux enfants, l’enseignant aurait attendu que la jeune fille fête ses 15 ans, en novembre 2017, pour avoir des relations sexuelles consenties et non protégées avec elle. « Il lui a complètement retourné la tête, déplore son père. Il lui a dit que quand elle aurait 15 ans, elle ne risquerait plus rien. »

>> Pontoise : Un homme de 28 ans jugé pour une relation avec une enfant de 11 ans

Pour pouvoir continuer à correspondre avec elle, l’enseignant a offert, à plusieurs reprises, des téléphones portables à la jeune fille, lui disant de les dissimuler pour que ses parents ne les découvrent pas. « Au total, on a dû confisquer quatre ou cinq téléphones, poursuit son père. J’ai vraiment l’impression que la terre entière m’est tombée sur la tête… »

>> Enquête: Le malaise de la société française face aux relations enfants / enseignants

« Elle a encore besoin de dormir avec son doudou »

Dans les échanges de messages que 20 Minutes a pu consulter, cet enseignant ne cache rien de sa volonté d’avoir un bébé avec la jeune fille, estimant que c’est « la solution » pour légitimer leur relation. Paniquée à l’idée de tomber enceinte après avoir eu des relations avec lui, Céline* évoque, à un moment donné, l’idée « de fuir avec lui ».

Capture d'écran entre l'enseignant et son élève.
Capture d'écran entre l'enseignant et son élève. - 20 MINUTES

« C’est très compliqué, confirme le père de l’adolescente. Nous avons beaucoup de mal à dialoguer avec notre fille sur cette question. Elle est amoureuse. Elle nous a donné l'exemple des Macron. Mais c’est un amour d’enfant. Elle a 15 ans et elle a encore besoin de dormir avec son doudou ! J’espère juste aujourd’hui que cet homme n’a pas fait d’autres victimes. Et surtout qu’il n’en fera jamais plus d’autres… »

>> #Moià13ans : Des internautes interpellent le gouvernement sur le consentement

Déféré au parquet de Saint-Denis à l’issue d’une garde de vue de plus de 30 heures, il aurait été, selon nos confrères réunionnais, laissé libre sous contrôle judiciaire avant son procès qui pourrait intervenir dans les prochaines semaines. Ayant effacé de nombreux messages compromettants, l’homme devrait également devoir répondre de faits de « destruction de preuves ».

Après plusieurs affaires similaires ayant défrayé la chronique ces derniers mois, le gouvernement a annoncé travailler sur un projet de loi qui pourrait fixer un âge minimum de non-consentement.

* Le prénom a été changé