Lait infantile contaminé: Lactalis n'exclut pas que des bébés aient consommé des produits infectés entre 2005 et 2017

CRISE SANITAIRE Le PDG de Lactalis met en cause le laboratoire en charge des analyses...

20 Minutes avec AFP

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Rayon de laits infantiles après le retrait de produits Lactalis. 11 décembre 2017.
Rayon de laits infantiles après le retrait de produits Lactalis. 11 décembre 2017. — Bob Edme/AP/SIPA

Et si d’autres bébés avaient été contaminés depuis 2005 ? C’est la brèche qu’ouvre Emmanuel Besnier, PDG de Lactalis, dans une interview à paraître jeudi dans Les Echos. « Nous avons libéré des salmonelles Agona en réalisant des travaux sur les sols et les cloisons de la tour de séchage numéro 1 », indique Emmanuel Besnier, dans sa deuxième interview à la presse écrite depuis le début de l’affaire du lait infantile contaminé aux salmonelles début décembre.

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Lactalis a été contraint de rappeler en janvier l’ensemble de la production de lait infantile de son usine de Craon (ouest), distribuée dans 83 pays, après la découverte d’une contamination à la salmonelle. Trente-sept bébés ont été touchés en France.

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« La bactérie responsable des problèmes est la même que celle de 2005, époque à laquelle nous n’étions pas propriétaire du site. Elle était confinée dans les infrastructures de la tour numéro 1 », précise le PDG. Pour cette raison, et parce que des salmonelles ont bien été trouvées « dans l’environnement » de l’usine entre 2005 et 2017, « on ne peut donc pas exclure que des bébés aient consommé du lait contaminé sur cette période », admet-il.

La faute au laboratoire en charge des analyses ?

Emmanuel Besnier souligne que, durant la période 2005-2017, les analyses sur les produits finis ont toujours été « conformes aux exigences sanitaires » et s’en prend au laboratoire qui en était chargé. « Nous faisons réaliser des analyses systématiques par un laboratoire extérieur de référence. Il ne nous a communiqué aucune alerte sur les produits. En revanche, nous avons eu deux alertes à la salmonelle en août, puis en novembre, dans l’environnement. Quand cela arrive, on nettoie jusqu’à ce que tout soit conforme. Et on reprend l’activité », explique le responsable.

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« Nous nous posons beaucoup de questions sur la sensibilité des analyses faites par ce laboratoire. Nous avons beaucoup de mal à comprendre comment 16 000 analyses réalisées en 2017 ont pu ne rien révéler. Nous avons des doutes sur la fiabilité des tests. Ce n’est pas possible qu’il y en ait eu aucun de positif », déclare le PDG du groupe laitier.

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Lactalis a été accusé d’avoir manqué de transparence et d'avoir tardé à réagir après la détection de salmonelle en août et novembre.