Police judiciaire. Illustration.
Police judiciaire. Illustration. — Pastornicolas/SIPA

FAITS DIVERS

Qui est le jeune de 17 ans derrière le « commando » bourguignon d'ultradroite?

Étudiant en droit à Dijon, le jeune homme de 17 ans s’est rendu, ce lundi matin, au commissariat de Chalon-sur-Saône…

  • Un jeune homme de 17 ans s'est rendu en début de semaine à la police, indiquant être derrière le mystérieux commando d'ultra-droite qui avait revendiqué plusieurs agressions.
  • Il devait être présenté mercredi à un juge d'instruction.

La menace d’un mystérieux commando d’ultra-droite planait sur la Bourgogne. En réalité, c’est un jeune homme de 17 ans qui s’est spontanément présenté, ce lundi matin, à la police à Chalon-sur-Saône, expliquant être l’auteur de plusieurs attaques au marteau commises dans la ville et à Dijon et de mails menaçants adressés aux rédactions du Bien Public et du Journal de Saône-et-Loire à la fin de l’année 2017. Ce mercredi, il a été mis en examen pour « tentative d'homicide, vol à main armée, dégradation par incendie, violence avec arme, menaces de mort, provocation à des atteintes en raison de l'ethnie ou la confession ». Il a été placé en détention provisoire.

>> A lire aussi : Agressions au marteau, menaces contre des journalistes… Qui se cache derrière l’étrange commando d’ultra-droite qui sévit en Bourgogne ?

Samedi soir, Le Bien Public avait été une nouvelle fois destinataire d’un message. Cette fois, il n’est pas question de menaces ou de revendication. L’auteur explique qu’il entend se rendre aux forces de l’ordre et demande « un contact direct avec le procureur de la République pour obtenir des garanties quant au déroulement de la perquisition qui allait suivre », a déclaré ce mardi au cours d’une conférence de presse le procureur de la République de Chalon-sur-Saône. Damien Savarzeix a échangé plusieurs messages avec lui afin d’« organiser les conditions de sa réédition ».

« Commando de défense du peuple et de la patrie française »

Finalement, ce jeune étudiant en faculté d’histoire dans la capitale des Ducs de Bourgogne s’est présenté au commissariat de Chalon-sur-Saône un peu avant 11 heures où il a été interpellé. Au cours de son audition, il a reconnu être l’auteur des agressions avec un marteau commises à Dijon et à Chalon-sur-Saône en septembre 2017, de plusieurs incendies volontaires dans l’enceinte de l’université de Dijon, d’un vol à main armée commis dans une pharmacie vendredi dernier.

>> A lire aussi : Bourgogne: Un étrange commando d’ultra-droite revendique des attaques au marteau

« Il a également admis être l’unique rédacteur des courriels de revendication de ces agressions, et donc de menaces multiples proférés dans ces mails », au nom d’un groupe d’abord baptisé « Commando de défense du peuple et de la patrie française » puis « OAS 26 septembre », a poursuivi le magistrat. L’expéditeur de ces messages affirmait vouloir lutter « contre l’islamisation » de la société et demandait la libération de militants de la mouvance d’ultradroite. Une des attaques avait néanmoins été commises au cri d’Allah Akbar

« Aucune conviction raciste ou visée politique »

Le suspect est issu « d’une famille sans histoire », a souligné le patron de la DIPJ de Dijon, Paul Montmartin, qui décrit « une personne seule en souffrance ». N’ayant jamais connu son père, le jeune homme vit avec sa mère et est inconnu de la justice. Dans un premier temps, il a indiqué avoir agi « pour être condamné à une lourde peine d’emprisonnement et éviter d’avoir à accomplir de longues études, qu’il ne se sentait pas le courage de mener », a déclaré Damien Savarzeix. Puis, il s’est ravisé et a expliqué avoir voulu « attirer l’attention sur lui ». « Il reconnaît éprouver une réelle excitation à voir ses actes faire les gros titres. »

>> A lire aussi : Chalon-sur-Saône: Un homme agresse deux femmes en criant «Allah Akbar»

Contrairement à ce qu’il avait écrit à la presse locale, « il dit n’avoir eu aucune conviction raciste ou visée politique », a ajouté le magistrat. L’étudiant affirme qu’il s’agissait « d’une mise en scène destinée à accroître l’intérêt des médias et brouiller les pistes ». D’ailleurs, aucun document ou objets « témoignant de sa sympathie pour l’idéologie ultranationaliste » n’a été retrouvé chez lui. En revanche, l’exploitation de son ordinateur « révèle qu’il a fréquenté un large spectre de sites violents, de l’ultra-gauche, de la droite extrême mais également djihadiste ».

« Se rendre intéressant »

Pourquoi a-t-il décidé de se rendre ? L’étudiant « a des difficultés à l’expliquer » rapporte le procureur de Chalon-sur-Saône. Le jeune homme a simplement évoqué « sa crainte de l’intervention d’une « équipe tactique » à son domicile ». Des expertises psychologique et psychiatrique vont désormais être réalisées afin de « comprendre ces passages à l’acte ». Pour le commissaire Montmartin, il voulait simplement « se rendre intéressant ». Dans le message envpyé jeudi dernier au Bien Public, il expliquait : « Je suis juste fasciné depuis toujours par le monde policier, judiciaire, et par les faits divers. »