Envie de se payer des objets spatiaux ? Ce sera possible en octobre grâce à l’Agence spatiale européenne

ESPACE Pour la première fois, l’Agence spatiale européenne va organiser le 25 octobre une vente aux enchères de certains de ses objets à la Cité de l’Espace, à Toulouse…

Béatrice Colin
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La mini-navette ixv, Intermediate eXperimental Vehicle, qui a effectué un vol en 2015, pourrait être vendue aux enchères par l'ESA le 25 octobre.
La mini-navette ixv, Intermediate eXperimental Vehicle, qui a effectué un vol en 2015, pourrait être vendue aux enchères par l'ESA le 25 octobre. — ESA J. Huart
  • Entre 60 et 100 objets issus des programmes de l’Agence spatiale européenne (ESA) seront mis en vente le 25 octobre.
  • L’argent recolté servira à financer la recherche et les idées nouvelles soutenues par l’ESA.
  • Parmi les objets vendus figure la mini-navette spatiale IXV. Mais aussi des objets plus petits, et plus abordables.

L’Espace continue à faire rêver, mais rares sont les chanceux à avoir pu contempler la Terre d’en haut. À défaut de vivre un jour en apesanteur, il sera bientôt possible de se payer un petit bout de l’histoire spatiale.

Un peu à l’image de celle organisée il y a quelques années par Airbus autour des pièces du Concorde, une vente aux enchères proposera le 25 octobre à la Cité de l’espace entre 60 et 100 objets utilisés par l’Agence spatiale européenne (ESA) pour ses programmes. « Ce seront soit des équipements qui ont servi de prototype pour des tests au sol, soit qui ont volé un jour », explique  Magali Vaissiere, directrice des Télécommunications et applications intégrées au sein de l'ESA.

Près de 60.000 objets stockés aux Pays-Bas

Comme l'IXV du nom de cette mini-navette expérimentale qui a effectué le 11 février 2015 un vol suborbital et dont l’objectif était de tester toutes les phases d’une rentrée dans l’atmosphère.

Aujourd’hui, ce véhicule spatial de plusieurs mètres de long, qui conserve les stigmates de son retour sur Terre, se trouve exposé dans un musée à Milan. S'il est sélectionné par les Etats membres de l'Agence spatiale européenne, il pourrait atterrir dans le jardin d’une entreprise ou d’un collectionneur.

Les objets mis à la vente n’auront pas tous cette taille. Les plus petites bourses pourront se payer un câble ou des crochets utilisés par l’ESA pour l’un de ses programmes.

Et l’Agence n’a que l’embarras du choix. Elle stocke aux Pays-Bas près de 60.000 objets dans ce qui peut s’apparenter à une véritable caverne d’Ali Baba. « Nous sommes en train de faire une sélection. Aucun objet ne doit avoir encore une utilité et il faut qu’il ait un intérêt pour le grand public. Des designers sont consultés pour voir comment il est envisageable de les mettre en valeur », poursuit Magali Vaissiere.

S’il pourrait y avoir quelques rares objets portés par des astronautes, aucun de ceux qui seront mis en vente ne pourra mettre en péril les secrets de fabrication de l’Agence spatiale européenne. Et le patron de l’ESA, Jan Woerner, a d’ores et déjà précisé qu’aucun lanceur ne serait mis en vente.

Financer la recherche

Cette première vente aux enchères a un double objectif pour l’Agence spatiale européenne​. D’un côté, c’est un moyen de se faire connaître du grand public et de promouvoir les missions spatiales qu’elle porte grâce aux objets qui seront présentés, certains pouvant dater d’une vingtaine d’années. Une grande exposition à la Cité de l’Espace précédera d’ailleurs la vente.

Mais c’est aussi un moyen novateur de trouver des fonds. « Stocker et conserver tous ces objets a un coût. Grâce à cette vente, nous allons essayer de leur donner une deuxième vie et il semblerait qu’il y ait des amateurs, pour ce qu’ils représentent ou ce qu’ils ont vécu. L’argent récolté nous servira à financer de la recherche ou à encourager l’entreprenariat et les idées nouvelles », assure la responsable, dont l’une des missions consiste à maximiser le retour sur investissement des fonds mis sur la table par les différents États européens.