VIDEO. Six choses à savoir sur le sentiment d'insécurité dans les transports en commun

SECURITE Près d'un usager sur deux ressent de l'insécurité dans les transports en commun...

Thibaut Chevillard
— 
Illustration sur le métro et les transports en commun à Marseille
Illustration sur le métro et les transports en commun à Marseille — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Près d’un sur deux. 45 % des usagers ressentent de l’insécurité dans les transports en commun. C’est ce qu’indique une étude de l’ONRDP (Observatoire nationale de la délinquance et des réponses pénale), publiée ce mardi *. Comment l’expliquer ? 20 Minutes liste six choses importantes à savoir.

Différence selon les sexes

Plus de la moitié des usagères « ressentent de l’insécurité dans les transports en commun tandis que 61 % des hommes s’y sentent toujours en sécurité », relève l’étude. Pourquoi ? Les violences envers les femmes « semblent être sous-estimées par les statistiques officielles, dans la mesure où de nombreux comportements pouvant être qualifiés d’intimidants ou de sexistes ne sont pas pris en compte dans le recensement des victimations ». Or, « ces comportements (regards insistants, tentative de drague excessive, etc.) renforceraient le sentiment d’insécurité des femmes ».

Incivilités

« Les facteurs générant le plus d’insécurité sont les incivilités », expliquent les auteurs de cette étude. En substance, les passagers se sentent mal à l’aise en présence de personnes qui fument, qui parlent fort au téléphone ou qui mangent dans le transport. Pour lutter contre ce phénomène, la RATP a lancé en 2011 une grande campagne de sensibilisation. Deux ans plus tard, l’entreprise observait une baisse du nombre de voyageurs qui ont constaté des incivilités.



Fréquentation des transports

Les usagers se sentent en insécurité quand il y a trop de voyageurs… ou pas assez. 37 % d’entre eux le sont car « la saturation des transports en commun en heure de pointe est une situation facilitant les victimations telles que les vols (pickpockets, etc.) ou les agressions sexuelles », souligne l’ONDRP. En revanche, « 58 % des usagers ressentant de l’insécurité ont cité l’absence d’autres voyageurs comme une situation anxiogène ».

L’heure et le jour

Le sentiment d’insécurité varie selon le moment de la journée. C’est entre 20h30 et 22h30 que les gens redoutent le plus d’emprunter les transports. « Plus que le manque de lumière, c’est la représentation sociale de la nuit qui générerait le sentiment d’insécurité », observent les auteurs du document. En outre, l’étude révèle que les usagers se sentent plus en insécurité la semaine que le week-end.

Entretien des locaux

L’entretien des zones qui entourent les transports en commun « joue un rôle important sur le sentiment d’insécurité », estiment les chargés d’études de l’ONDRP. En effet, « un environnement propre, bien entretenu et éclairé améliorera le sentiment de sécurité. À l’inverse, un cadre dégradé et abîmé renforcera le sentiment d’insécurité. Un mauvais éclairage va notamment générer de l’insécurité ».

Stratégie d’évitement

Pour autant, plus de la moitié des personnes ressentant de l’insécurité « n’ont pas toujours recours à des stratégies d’évitement » (52 %). Mais d’autres « aimeraient modifier leurs habitudes de transports mais n’ont pas d’autres moyens de locomotion possibles » et sont donc obligés d’emprunter les transports en commun.

Cette étude se base sur les enquêtes nationales de victimation appelées « Cadre de vie et sécurité ». Ces enquêtes sont menées conjointement par l’Insee et l’ONDRP depuis 2007 et avec le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMsi) depuis 2015. Chaque année, plus de 15 000 personnes sont interrogées sur les atteintes qu’elles ont pu avoir subies et sur leur opinion de la sécurité.