VIDÉO. Sud : Une brigade de détectives débusque les cas de maltraitances animales

ANIMAUX Les bénévoles de l'association Asema enquêtent dans les Pyrénées-Orientales, l’Ariège, l’Aude, l’Hérault, le Gard et le Var, en étroite collaboration avec les gendarmes et la police…

Nicolas Bonzom

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Un lévrier, sauvé par l'association Asema.
Un lévrier, sauvé par l'association Asema. — Asema
  • L'association Asema lutte contre la maltraitance animale.
  • Les enquêteurs interviennent dans six départements du Sud de la France.
  • Certaines affaires débouchent sur des plaintes ou des procès.

C’était le 10 août 2009, à Espira-de-l’Agly, dans la plaine du Roussillon. Sans raison, un adolescent désœuvré de 16 ans aspergeait un petit pinscher d’essence, et allumait le feu. Le toutou ne sera retrouvé que le lendemain, agonisant, brûlé sur tout le corps…

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Il survivra, malgré ses blessures, et recevra des témoignages d'affection des quatre coins de France. Huit ans après, Mambo va mieux. Il est devenu la mascotte d'Asema, l’Association Service Enquête Maltraitance Animale, qui lutte contre les maltraitances animales. Présidée par Dany Goizé, une amoureuse des animaux qui a adopté le petit chien star, cette brigade sillonne les Pyrénées-Orientales, l’Ariège, l’Aude, l'Hérault,​ le Gard et le Var pour débusquer les maîtres imbéciles et sauver les petites victimes.

Mambo, torturé en 2009, est devenu la mascotte de l’association Asema.

Des appels de témoins

« Nous commençons à être de plus en plus connus, nous recevons directement des appels de voisins ou de témoins dénonçant des cas de maltraitance, nous prenons les renseignements, puis nous contactons l’un de nos membres sur place, qui se rend sur les lieux », note la présidente de la structure. Selon les cas, l’enquêteur bénévole prend des photos, des vidéos, et tente, lorsque c’est possible, de raisonner le propriétaire…

« Parfois, nous aidons, nous accompagnons. Nous ne sommes là uniquement pour réprimer, explique Dany Goizé. Il arrive par exemple que l’on découvre un animal très maigre. Et l’on se rend compte que le propriétaire, lui aussi, est très maigre… »

« Il faut avoir le cœur bien accroché »

Parfois, les affaires, au nombre de 295 depuis décembre 2016, mois de création de cette armée de détectives privés pour chiens et chats, vont plus loin. Les enquêtes de l’association ont parfois débouché sur des retraits, des placements, des réquisitions judiciaires, des plaintes et des procès. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les mairies, la police et la gendarmerie, qui nous accompagnent parfois sur des missions que nous estimons périlleuses, ou sur des terrains isolés », reprend Dany Goizé.

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Chevaux en état de maigreur extrême, chiens abandonnés dans un enclos, attachés à un arbre, chats affamés… Ces Avengers de la cause animale se retrouvent souvent face à des situations à la limite du soutenable. « Il faut avoir le cœur bien accroché, c’est certain, on doit garder notre sang-froid. On aimerait, parfois, récupérer l’animal, le sauver tout de suite. Mais il faut faire les choses dans l’ordre. Pour entrer, il faut une autorisation de la justice », confie Isabelle, responsable des enquêtes au sein de l’association.

« On nous appelle jusqu’à Paris »

Dernièrement, une avocate au barreau des Pyrénées-Orientales, Véronique Valls, a rejoint l’équipe. « On nous appelle jusqu’à Paris », confie Dany Goizé, qui consacre tout son temps, comme nombre de ses bénévoles, à traquer les cas de maltraitance.

Ce mardi, les enquêteurs ont d’ailleurs rendez-vous à la gendarmerie, à Carcassonne. « Nous allons récupérer un chien, retrouvé dans un état catastrophique, reprend la présidente. Il a été abandonné à Noël, sans nourriture, il arrivait à peine à se lever. »

Pour signaler un cas de maltraitance animale : 06.49.40.62.75.