Valenciennes : Les 300 salariés de l'aciérie Ascoval pourraient perdre leur emploi malgré les promesses de Macron

SOCIETE Placé en redressement judiciaire depuis le 22 novembre dernier, l'entreprise va être reprise par un groupe suisse qui a prévu de fermer l'aciérie...

F.L. avec AFP

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L'aciérie Ascoval de Saint-Saulve
L'aciérie Ascoval de Saint-Saulve — FRANCOIS LO PRESTI / AFP

La colère a éclaté lundi à l’usine Ascoval de Saint-Saulve, commune limitrophe de Valenciennes (Nord). La désignation lundi du groupe suisse Schmolz + Bickenbach pour la reprise d’Ascométal, le fabricant français d’acier spéciaux, a condamné l’aciérie Ascoval malgré les promesses d’Emmanuel Macron qui s'était pourtant montré rassurant lors de sa visite dans le Valenciennois le 22 janvier dernier.

Trois candidats étaient en lice pour reprendre Ascométal, placé en redressement judiciaire : Schmolz + Bickenbach, le britannique Liberty House et l’espagnol Sidénor.

Le tribunal de grande instance de Strasbourg a préféré le groupe suisse de sidérurgie-métallurgie dont l’offre ne comprend pas l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord).

299 personnes sur le carreau

L’exclusion du site Ascoval de Saint-Saulve, détenu conjointement par Asco Industries (à 60 %) et le groupe français Vallourec, « entraînera, à brève échéance, l’arrêt des opérations de l’aciérie », a annoncé lundi le groupe Vallourec dans un communiqué. Le site emploie 299 personnes.

Sa fermeture va avoir des conséquences pour une cinquantaine de sous-traitants et cinq entreprises vont devoir fermer parce qu’elles étaient monofournisseurs, a déploré Bruno Kopczynski, porte-parole de l’intersyndicale et délégué CFDT du site.

Xavier Bertrand dénonce la politique du gouvernement

Le choix du tribunal de grande instance de Strasbourg a pour cette raison suscité de nombreuses critiques dans les Hauts-de-France.

« Le gouvernement tire ainsi un trait sur la filière d’avenir que représentent les aciers spéciaux en lien avec la production automobile », a dénoncé Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, dans une lettre adressée à Emmanuel Macron transmise à l’AFP.

Les fausses promesses de Macron

« Vous devez entendre la colère des salariés, de leurs familles, des représentants du personne et des élus locaux qui ont voulu sauver ces emplois et nous demandons à l’Etat de nous dire maintenant ce qu’il compte faire », a-t-il ajouté.

« C’est la colère de tout un arrondissement et des salariés qui domine ce matin », déclare pour sa part dans un communiqué Fabien Roussel, député (PCF) du Nord. L’élu a dénoncé l’absence d’engagement de l’Etat à soutenir l’offre de Liberty House qui prévoyait de reprendre Ascoval.

« Il y a une semaine jour pour jour, le président de la République avait pourtant rassuré les élus et les salariés en disant "Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles, l’Etat sera présent au rendez-vous" On connaît le résultat de cette promesse (…) Il n’y a eu aucun signal de l’Etat », a-t-il déploré.

Le site à l’arrêt depuis lundi matin

Le site Ascoval était à l’arrêt lundi, les salariés entendant « montrer leur colère ». « On a été sacrifiés. Tout le monde est écœuré, il y a énormément de colère et je pense qu’on va très vite faire savoir aux gens qu’un aciériste c’est quelqu’un qui n’a peur de rien », a averti Bruno Kopczynski.