VIDEO. Inondations: Pourquoi la décrue de la Seine ne signe pas la fin des difficultés

METEO La Seine a atteint son pic de crue ce lundi et devrait amorcer sa décrue à partir de mardi...

Oihana Gabriel
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Le 25 janvier 2018, la crue de la Seine à Paris
Le 25 janvier 2018, la crue de la Seine à Paris — CHAMUSSY/SIPA
  • Selon Vigicrues, la décrue de la Seine risque d'être lente.
  • D'autant plus que la météo va se gâter : à partir de mercredi, les pluies reviennent sur la capitale mais aussi dans l'est et le nord du pays. 
  • Vigilance et prudence sont donc toujours de mise.

La Seine a atteint à Paris son pic de crue ce lundi. Une crue qui aura atteint au maximum 5,85 m, mesuré à la station de référence du pont d’Austerlitz à Paris et resté inchangé depuis dimanche soir. Moins qu’en juin 2016 (6,10 m) et très loin de la crue historique de 1910 (8,62 m). Vigicrues, réseau chargé de la prévision des crues et des inondations, annonce ce lundi que la décrue va commencer. Peut-on donc espérer que les difficultés et risques d’inondation sont derrière nous ?

Crue de la Seine: Ça y est, le pic a été atteint à 5,84m

Une décrue lente

Si tous les Parisiens ne vont pas avoir à investir dans des bateaux pour aller travailler, les autorités ne crient pas victoire pour autant. D’abord parce qu’on s’attend à une décrue modérée à partir de mardi. « L’abaissement du niveau de l’eau va être très lent, assure François Duquesne, directeur de Vigicrues. La décrue devrait prendre plus d’une dizaine de jours. On est dans un entre-deux : la décrue a commencé en amont. L’Yonne est l’affluent le plus puissant du bassin de la Seine, il est en décrue, ce qui est positif. Mais le tout va être ralenti par la crue qui vient de l’Aube.

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Paris, le 24 janvier 2018 - Le bistrot Alexandre III inondé par la crue de la Seine
Paris, le 24 janvier 2018 - Le bistrot Alexandre III inondé par la crue de la Seine - M. Costa / 20minutes

L’aval de la Seine à surveiller

Si à Paris, le risque d’inondation dramatique semble évité, d’autres communes proches de la Seine restent à surveiller. « Sur l’aval, dans le secteur de Mantes par exemple, la crue est supérieure à celle de juin 2016 car le niveau de l’Oise était plus élevé qu’à l’époque, relève le directeur de Vigicrues. On peut craindre des débordements importants. Mais plus loin de la capitale, la zone entre Le Havre et Elbeuf fait face à la conjonction de trois phénomènes : la crue de la Seine, des coefficients de marée qui augmentent (109 atttendu mercredi et jeudi sur un maximum de 120) et une dépression qui va nous amener quelques pluies mercredi ou jeudi. »

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Des pluies attendues à partir de mercredi

L’optimisme pourrait être rapidement douché par les prévisions météo. « A Paris, pour lundi et mardi ce sera un temps très nuageux, il peut y avoir quelques bruines, une ambiance humide mais pas de pluie importante, rassure Marion Pirat, prévisionniste à Météo France. Par contre à partir de mercredi, on aura des pluies plus marquées. On attend une dizaine de millimètres de précipitation. Pour jeudi, ce sera sous forme d’averses, donc des précipitations moins continues. Ce retour des pluies peut freiner la décrue. »

Selon le directeur de Vigicrues, « ces pluies devraient être d’intensité modérée, mais feront réagir les affluents de la Seine. Ce qui risque de ralentir la décrue, qui ne sera pas en pente continue, on va avoir des marches d’escaliers assez longues. Avec pourquoi pas, de nouveau une petite élévation. » L’incertitude et vigilance sont donc toujours d’actualité.

Douze départements en vigilance orange

Selon le dernier bulletin de Vigicrues, douze départements, donc l'Aube et la Marne restaient en vigilance orange ce lundi.

« Plus généralement, la situation est critique sur le Grand Est et le Nord, régions également touchées par ces pluies dans le milieu de la semaine, reprend Marion Pirat de Météo France. Les sols sont gorgés d’eau partout, donc les cours d’eau risquent de déborder dès qu’il pleut. » Avec un risque de nouvelles crues en Lorraine et dans le Doubs.

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Un mois de février pluvieux ?

Or, ces pluies ont peu de chance de laisser leur place à un soleil radieux début février. « On s’attend à une accalmie vendredi 2, mais samedi une nouvelle perturbation est possible, prévient-on chez Météo France. Il n’y a pas vraiment de signal positif. Car une situation anticyclonique n’est pas prévue dans les prochains jours. » Et plus globalement, le mois de février s’annonce humide. S’il est trop tôt pour avoir des prévisions précises sur tout le mois, « nous sommes en hiver, donc forcément il y aura des pluies, les sols étant saturés partout, il faut rester vigilant », insiste-t-on chez Vigicrues.

Des difficultés encore d’actualité

Mais surtout, les conséquences de cette crue à Paris et ailleurs ne vont pas se régler en quelques heures. Côté transports, sept gares parisiennes du RER C, en bordure de Seine, resteront fermées au moins jusqu’au 5 février.

Quant aux berges de Seine sous l’eau, il faudra attendre au moins quelques jours avant de pouvoir s’y promener. Autant de freins pour celles et ceux qui traversent Paris pour travailler…

Au total, 1.500 personnes ont dû quitter leur logement en Ile-de-France, a indiqué ce lundi la préfecture de police. Environ 1.900 abonnés restaient touchés par des coupures d’électricité, moins de 700 par des coupures de gaz. « Nous avons bien conscience que pour certaines personnes cette perturbation risque d’être un peu longue, reconnaît le directeur de Vigicrues. Le plus dur n’est pas passé. »