Blocage des prisons: La ministre ne reviendra pas sur ses propositions

DÉTENTION « J’ai mis des propositions sur la table, elles sont claires, nettes et définitives », a déclaré la garde des Sceaux

20 Minutes avec AFP

— 

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, en visite au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, le 16 janvier 2018.
La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, en visite au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, le 16 janvier 2018. — M.Spingler / SIPA

Elle ne flanchera pas. La ministre de la Justice a prévenu dimanche les surveillants de prison qui poursuivent leur mobilisation que les propositions de sortie de crise formulées vendredi et acceptées par le syndicat majoritaire Ufap-Unsa étaient « définitives ».

>> A lire aussi : Où en est le conflit dans les prisons?

« J’ai mis des propositions sur la table, elles sont claires, nettes et définitives », a déclaré la garde des Sceaux interrogée au Grand jury RTL-Le Figaro-LCI sur la volonté affichée des syndicats non-signataires, FO et la CGT, de reprendre le mouvement dès lundi. «Le syndicat majoritaire (Ufap-Unsa, 40%) a souhaité prendre acte de (nos) propositions et les signer, donc cela s’arrête là », a-t-elle ajouté.

Un retour à la normale

Dimanche, seules une vingtaine de prisons sur 188, contre 62 vendredi, étaient touchées par cette vaste mobilisation, la plus importante en un quart de siècle, lancée le 11 janvier après l’agression d’un surveillant dans une prison du nord de la France.

« Aujourd’hui, il n’y a pas de piquets de grève, la plupart des établissements ont repris leurs activités, soit de manière totalement normale, soit avec quelques absents et dans sept établissements, on a un fonctionnement un peu perturbé », a détaillé la ministre, selon qui « il faut maintenant prendre acte de cette réalité ».

« Je souhaite profondément » que cette crise se termine, a insisté Nicole Belloubet en faisant appel à la responsabilité des personnels. «Il est impératif que le fonctionnement du service public pénitentiaire puisse reprendre dans des conditions normales, c’est à la fois nécessaire pour la sécurité de nos concitoyens, pour les personnes en détention et les personnels qui y travaillent », a-t-elle expliqué.

>> A lire aussi : VIDEO. Prisons: Le syndicat majoritaire de surveillants signe le projet d'accord de la chancellerie

« Il me semble que c’est également nécessaire pour passer sereinement à l’étape suivante qui, pour moi, est l’étape essentielle, et qui consistera à travailler sur un plan prison sur lequel le président de la République s'est engagé (15.000 nouvelles places promises) et sur la question du sens et de l’efficacité de la peine, que je porte dans les chantiers de la justice », a ajouté la ministre.

« Il y a aujourd’hui des très courtes peines qui n’ont pas leur place dans les établissements pénitentiaires », a expliqué la ministre évoquant la possibilité de recourir dans certains cas à un travail d’intérêt général ou au bracelet électronique.

Une gestion de crise critiquée

Interrogée enfin sur sa gestion de la crise, la ministre a répondu à ceux qui lui reprochaient une certaine inertie, et notamment d’avoir attendu quatre jours pour se rendre à la prison de Vendin-le-Vieil, point de départ du mouvement de protestation, après l'agression le 11 janvier de trois gardiens par un détenu islamiste.

>> A lire aussi : Blocage des prisons: Pour les détenus et leurs proches, «c'est insupportable humainement»

« Dès le premier jour de l’agression, j’ai immédiatement téléphoné aux quatre personnes qui avaient subi cette agression et leur ai parlé longuement. j’ai également envoyé immédiatement une mission d’inspection parce qu’on m’avait dit qu’il y avait eu des dysfonctionnements », a-t-elle détaillé.

« Et c’est munie de ces éléments que j’ai souhaité aller sur place où j’ai proposé à l’ensemble des personnels de l’établissement un plan en 10 mesures. Je n’appelle pas cela une gestion froide et distanciée », a-t-elle fait valoir.