Nice: Professeurs et policiers critiquent l'expérimentation de la police devant les écoles

SECURITE Les policiers municipaux seront non armés devant les établissements niçois…

M.Fr. avec AFP

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Illustration de la police municipale de Nice
Illustration de la police municipale de Nice — E. Dessons / SIPA

Selon Christian Estrosi (LR), c’est une « première en France ». Mais l’arrivée annoncée de policiers municipaux non armés dans des écoles de  Nice a suscité dimanche les critiques d’enseignants mais également du Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM).

Cette annonce du maire de Nice « pourrait s’avérer dangereuse pour le policier municipal non armé en faction dans l’école », souligne dans un communiqué le SDPM. « Il est évident qu’en cas d’attaque terroriste dans une école, le policier sera une cible privilégiée », sans moyen de défense. « L’effet recherché a de très fortes probabilités d’être nul », poursuit-il. « Si le SDPM est bien entendu favorable à une politique sécuritaire raisonnable et réfléchie, il pense qu’elle doit s’accompagner d’une relative modestie ».

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« Des secrétaires administratives, des ATSEM, des infirmier-es scolaires »

La mairie de Nice avait indiqué samedi, en marge d’une visite dans la ville du ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, qu’elle mettrait en œuvre cette mesure à la rentrée prochaine. Celle-ci avait été rejetée par la précédente ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem. À l’époque, la fédération de parents d’élève FCPE et des syndicats enseignants avaient critiqué ce projet.

Côté enseignants, le syndicat enseignant CGT Educ’action a de nouveau « condamné » la mesure, sur fond d’austérité budgétaire. « Ce qu’il nous faut dans les écoles, ce ne sont pas des policier-es mais des secrétaires administratives, des ATSEM, des infirmier-es scolaires… Ce qu’il faut à la prévention, ce n’est pas un-e policier-e dans les écoles, mais du budget pour les services sociaux », affirme le syndicat.

Le SDPM n’est « pas représentatif »

Après l’attentat sur la Promenade des Anglais qui avait fait 86 morts le 14 juillet 2016, Nice a mis en place des vigiles devant les écoles, remplacés depuis par des policiers. La ville s’est aussi dotée d’une salle de vidéosurveillance dédiée aux écoles, en plus d’alarmes anti-intrusion, de boutons d’alertes et badges d’accès.

Dimanche, la ville a fait valoir que le SDPM n’était « pas représentatif » et contestait « toutes les initiatives de la ville (…) sans réellement connaître les sujets ». « La ville de Nice travaille avec l’Etat et les syndicats sur les modalités de cette expérimentation », qui doit permettre de « soulager le personnel » des écoles des tâches de sécurité. « Nous appelons chacun à prendre en compte le risque qui pèse aujourd’hui sur les écoles, qui sont désormais aussi des cibles pour Daech et à attendre le résultat de cette expérimentation unique en France plutôt que de chercher à la rejeter d’emblée pour de simples raisons idéologiques », ajoute-t-elle.

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