Toulouse: Elle veut vous faire mourir de rire avec son cancer

HUMOUR Caroline Le Flour a décidé de réussir son cancer. Dans «La Chauve SouriT» qu’elle va jouer pour la première fois à Toulouse, elle livre le journal intime d’une malade en crise existentielle. Aussi hilarant que profond…

Helene Menal

— 

Caroline Le Flour raconte son cancer en mode ironique dans la Chauve SouriT.
Caroline Le Flour raconte son cancer en mode ironique dans la Chauve SouriT. — La Chauve SouriT
  • Caroline Le Flour avait 32 ans quand on lui a annoncé son cancer?
  • Pour supporter l’épreuve, elle a pris le parti de rire des situations loufoques qu’elle a traversées à cause de sa maladie.
  • Elle en a fait une pièce, « La Chauve SouriT ».
  • Elle la jouera pour la première fois à Toulouse, ce samedi 3 février, dans le cadre de l’OncoWeek.

L’incursion de Caroline à 19 ans dans les rangs des chasseurs alpins a viré à la désertion. Sa brillante carrière de « marketeuse » s’est terminée sur un mémorable burn-out. Elle a appris son cancer à 32 ans, son infertilité à 36 ans. C’est donc le genre de fille avec qui on n’a pas très envie de passer la soirée. Pas bon pour le moral.

Mais ce n’est très charitable et surtout, c’est une énorme erreur. Car Caroline Le Flour, Charentaise exilée à Paris, a le cancer plutôt créatif. Elle a fait de cet « arrêt au stand » forcé et des situations absurdes qui vont avec, d’abord un récit pour ses proches - « au cas où » -, puis une pièce, La Chauve SouriT. Elle la jouera pour la première fois sur scène ce samedi 3 février à Toulouse, dans le cadre de l’ OncoWeek.

« Dans ce genre de situation, il y a chez les gens une forme de maladresse, raconte la trentenaire. J’ai entendu des choses énormes et j’ai toujours préféré en rire, parce que j’avais besoin cette énergie-là ».

« Oh non, pas toi, t’étais trop sympa »

Du coup, tout y passe. L’annonce du verdict d’abord, avec ce don de l’euphémisme et de la digression propre au corps médical. Caroline n’avait pas un cancer mais « une masse tumorale ». En revanche, sur le débat de savoir si la tumeur en question la taille d’une orange, d’un pamplemousse ou d’un melon, les internes ont été intarissables.

Vient ensuite l’annonce aux proches, souvent plus gênés qu’elle. Son meilleur ami lui a raccroché au nez : « Bip… bip… ». Son déni a duré trois semaines. « Oh non, pas toi (…) t’étais trop sympa », lui a lâché une connaissance en mode Calimero.

« Naufragée dans la tempête »

Au fil des sketches, Caroline parle aussi de la chance de pouvoir organiser son propre enterrement, des voisines de chambre d’hôpital « qu’on n’a pas choisies », parce qu’on n’est pas en thalasso. De la perte des cheveux aussi, une hantise exorcisée par une « rasade party ». « Quand on est petite fille, on apprend à accepter l’idée de la mort mais pas de vivre sans cheveux », souligne celle qui avait surnommé son fidèle porte-poches à perfusion « R2D2 ».

>> A lire aussi : Toulouse: Des chercheurs dégainent un «banal» anti-inflammatoire pour soigner le mélanome (et c’est une révolution)

Tout n’est pas vrai dans La Chauve SouriT. Parfois, c’est édulcoré. Tout n’est drôle non plus, l’humour a bon dos quand on se sent « naufragée dans la tempête », même en phase de rémission. Caroline a l’art de mettre ses épreuves en pièces. Elle sort d’un parcours de fécondation in vitro pas piqué des hannetons et imagine déjà le titre : Saturday Night FIVer