Blocage des prisons: Le projet d’accord rejeté par deux syndicats, Macron soutient la ministre

NEGOCIATIONS Le mouvement devrait continuer ce vendredi…

20 Minutes avec AFP

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La ministre de la justice Nicole Belloubet le 24 janvier ,2018.
La ministre de la justice Nicole Belloubet le 24 janvier ,2018. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Les négociations sont pour l’heure dans l’impasse. Deux des trois syndicats représentatifs des gardiens de prisons ont en effet rejeté ce jeudi le projet d’accord visant à mettre fin au vaste mouvement des surveillants qui dure depuis onze jours, mais la garde des Sceaux a reçu le soutien appuyé d’Emmanuel Macron.

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« La ministre est à la manœuvre et, je suis sûr, aura une solution négociée avec les organisations » syndicales, a déclaré le président ce mercredi, alors que l’exécutif est accusé de ne pas avoir vu venir cette mobilisation d’une ampleur inédite depuis 25 ans.

« Nous avons fait des propositions et nous considérons qu’elles sont tenables »

« Le Premier ministre et moi avons pleinement confiance et soutenons pleinement l’action de la ministre », a-t-il ajouté lors d’un déplacement en Auvergne. Edouard Philippe a appelé pour sa part « chacun » au « sens des responsabilités ». « Nous avons fait des propositions et nous considérons qu’elles sont tenables. Je pense aussi qu’il faut regarder l’avenir, regarder ce qui est vraiment sur la table et j’espère que le débat pourra continuer », a lancé le chef du gouvernement.

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La garde des Sceaux Nicole Belloubet avait reçu dans la journée les responsables des principaux syndicats, l’Ufap-Unsa Justice (40 %), FO-Pénitentiaire (30 %) et la CGT-Pénitentiaire (15 %), pour leur présenter un projet d’accord.

L’évolution statutaire des personnels pénitentiaires coince

Ce texte comprend des mesures pour améliorer la gestion des détenus radicalisés, comme la construction de 1.500 places dans des quartiers étanches, et des mesures concrètes pour renforcer la sécurité des agents comme le menottage des détenus dangereux et un retour aux fouilles inopinées de cellules.

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Le ministère s’est également engagé sur la création de 1.100 emplois supplémentaires et sur une enveloppe de plus de 30 millions d’euros pour renforcer les indemnités perçues en complément de salaire par les surveillants. Mais, la CGT et Force ouvrière ont annoncé qu’elles ne signeraient pas le document, au vu des réactions de leurs adhérents.

« L’essentiel n’y est pas », a ainsi estimé la CGT en déplorant l’absence de proposition sur l’évolution statutaire des personnels pénitentiaires, devenue ces derniers jours une revendication clé. Indiquant consulter sa base sur le projet d’accord, son syndicat a appelé à poursuivre le mouvement ce vendredi matin.