Blocage des prisons: Le projet d'accord présenté aux syndicats par la chancellerie

GREVE L’Ufap-Unsa, a évoqué « des avancées » par rapport au « projet d’accord », FO est de son côté déçu…

20 Minutes avec AFP

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Des surveillants pénitenciers manifestent devant la prison de Villefranche-sur-Saône, lundi 15 janvier 2018.
Des surveillants pénitenciers manifestent devant la prison de Villefranche-sur-Saône, lundi 15 janvier 2018. — JEFF PACHOUD / AFP

Le mouvement lancé par des surveillants de prison, qui dure depuis onze jours, est-il sur le point de prendre fin ? La ministre de la Justice présentait ce jeudi aux syndicats pénitentiaires un nouveau « projet d’accord » pour mettre fin à la mobilisation d’une ampleur inédite.

A l’issue de sa rencontre avec Nicole Belloubet, Jean-François Forget, secrétaire général de l’Ufap-Unsa, a évoqué « des avancées » par rapport au « projet d’accord » présenté vendredi et que son syndicat et la CGT avaient rejeté.

« On est passé de 30 millions à 34 millions d’euros pour les indemnités, la création de 1.100 postes (pour 40 millions d’euros) et l’aménagement de 1.500 places pour les détenus radicalisés dans des quartiers spécifiques et totalement étanches », a déclaré Jean-François Forget.

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FO déçue

Déception en revanche pour FO, son secrétaire général Emmanuel Baudin jugeant les propositions de la ministre « loin, loin de ce que réclamait la base ».

« Et la base nous suit », a-t-il assuré après la rencontre en parlant d’un mouvement qui « ne s’essouffle pas mais va prendre d’autres formes ». « Je pense que le week-end risque d’être très, très, très tendu en prison en France », a-t-il lancé.

Le « projet d’accord » devrait « être le fruit de toutes les discussions menées depuis plusieurs jours », a lancé Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire, avant d’être reçu à son tour.

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Le mouvement des gardiens de prison, lancé après l’agression de surveillants par un détenu djihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), s’est amplifié à la suite d’une série d’agressions, de négociations infructueuses et de l’implication tardive de Nicole Belloubet en première ligne.

Sur le terrain, le mouvement se poursuivait ce jeudi : 116 des 188 prisons françaises ont été touchées. Dans l’après-midi, les gardiens de « 42 établissements » refusaient encore, en totalité ou en partie, de prendre leur service (contre 72 le matin), a indiqué à l’AFP la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP).

Les avocats dans la rue

Dans un communiqué, les avocats du barreau de Paris ont indiqué qu’ils se rassembleraient sur les marches du Palais de justice de Paris vendredi. Ils dénoncent la dégradation des conditions de vies et d’accès à une défense juste et équitable des justiciables depuis le début du mouvement.

« Les « parloirs avocats » ont été pratiquement supprimés, au même titre que les parloirs famille rendant impossible la préparation des défenses des justiciables », écrivent els avocats du barreau de Paris. « De nombreuses audiences prévues de longue date, tant en matière d’aménagement de peine que de jugement sont annulées et reportés portant ainsi atteinte à l’exigence d’un délai de jugement raisonnable et au bon fonctionnement de la justice, » fustigent-ils.