La Sécu dévoile à des entreprises les motifs des arrêts maladie

SANTE Les entreprises de plus de deux cents salariés sont concernées...

C. Ape.

— 

Illustration d'un arrêt de travail.
Illustration d'un arrêt de travail. — DURAND FLORENCE/SIPA

La Sécurité sociale expérimente la fourniture à certaines entreprises des motifs d’arrêts maladie, rapporte un dirigeant de l’Assurance maladie (Cnam) dans une interview accordée mercredi à l'Express. Laurent Bailly, chef du département des « services aux assurés », explique dans les colonnes du magazine vouloir « challenger » les entreprises (de plus de 200 salariés) et les inciter à lutter contre l'absentéisme.

Par ailleurs, la Sécurité sociale recoupe les informations avec une méthode bien particulière. « En cas de contrôle de l’assuré, le motif de l’arrêt est codifié, nous disposons donc de l’information. En l’absence de contrôle, nous parvenons à reconstituer la pathologie à partir des consultations et des remboursements de médicaments. Par exemple, si le salarié a vu un psychiatre et pris des antidépresseurs, on peut en conclure qu’il a été arrêté pour dépression. Ce sont des algorithmes qui font le travail. »

>> A lire aussi : La Sécu arnaquée de plus de 5 millions d’euros en deux ans

L’anonymat des salariés préservés

Laurent Bailly a insisté sur l’anonymat des données face aux craintes que pourrait faire naître de cette initiative. « On s’assure qu’il n’est pas possible, même de manière indirecte, de tracer les personnes. Par ailleurs, nous nous focalisons uniquement sur les établissements de plus de deux cents salariés. Dans les plus petites sociétés, l’employeur pourrait trop facilement établir un lien évident avec tel ou tel collaborateur. »

>> A lire aussi : En arrêt maladie, elle travaillait comme prof... depuis quatre ans

A l’heure actuelle, toutes les données ne sont pas encore transmises aux entreprises. La mesure vise « uniquement les arrêts pour troubles musculo-squelettiques (TMS), les lombalgies et ceux liés aux risques psychosociaux (RPS). Cinq entreprises ont été visitées, à Amiens, Bourg en Bresse, Marseille, Grenoble et l’une sur la Côte d’opale », tandis qu’une quarantaine de visites du même type sont prévues sur l’année.