Calais: Le préfet du Pas-de-Calais et Yann Moix s’écharpent par médias interposés

MIGRANTS Le chroniqueur de France 2 et le représentant de l’Etat dans le Pas-de-Calais se livrent à une passe d’armes par médias interposés…

Mikaël Libert
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Yann Moix à Calais lors de la visite du Chef de l'Etat, le 16 janvier.
Yann Moix à Calais lors de la visite du Chef de l'Etat, le 16 janvier. — S.ALCALAY/SIPA

« Votre combat » c’est la « recherche de la célébrité ». C’est une des punchlines que Fabien Sudry, préfet du Pas-de-Calais, a écrites en réponse au « pamphlet » rédigé par Yann Moix dans les colonnes de nos confrères de Libération, dimanche dernier. Le chroniqueur évoquait alors  « un protocole de la bavure » contre les migrants de Calais.

France 2, Twitter, Libération

La passe d’armes entre le haut fonctionnaire et le chroniqueur remonte au 7 janvier, dans l’émission de Laurent Ruquier sur France 2, On n’est pas couché. Yann Moix avait dénoncé des exactions commises par les forces de l’ordre contre les migrants de Calais. La préfecture avait apporté plusieurs démentis, notamment sur Twitter.

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Dimanche dernier, dans Libération, Yann Moix avait enfoncé le clou, affirmant que l’Etat avait « instauré à Calais un protocole de la violence ». Pour étayer ses propos, le chroniqueur avait diffusé quelques images du film documentaire qu’il tourne actuellement sur les migrants de Calais pour la chaîne Arte.

Anciennes images

Nouvelle réponse de la préfecture, ce jeudi, sous la forme d’une longue lettre adressée par le préfet à Yann Moix. Fabien Sudry s’est étonné que les images avancées comme preuves montrent « en réalité des opérations de maintien de l’ordre […] avant octobre 2016 lorsque […] les migrants tentaient tous les jours de s’introduire sur les routes ».

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Le préfet s’interroge aussi sur le fait que, vu la gravité des accusations, Yann Moix n’ait toujours pas souhaité saisir la justice. Le représentant de l’Etat affirme ne pouvoir « accepter que le professionnalisme et l’honneur des agents […] soient ainsi piétinés ». Mais une source préfectorale a assuré à 20 Minutes qu’il n’était néanmoins « pas question pour le moment d’attaquer Yann Moix en diffamation ».

Le centre hospitalier de Calais a aussi confirmé à 20 Minutes une information avancée par le préfet stipulant « qu’aucun certificat médical pour agression d’un migrant par les forces de l’ordre n’avait été délivré depuis 2016 ».

Double langage ?

Fabien Sudry dénonce, par ailleurs, la duplicité du chroniqueur, affirmant que ce dernier lui avait téléphoné en « s’excusant » d’avoir « été outrancier » sur le plateau de France 2 avant la publication « d’un brûlot dans Libération ».

L’estocade arrive dans la conclusion de la lettre, quand le préfet accuse Yann Moix de « falsifier gravement la réalité » dans son « combat » pour la « recherche de la célébrité ».