Blocage des prisons: Les gardiens grévistes menacés de sanctions, Belloubet sous le feu des critiques

SOCIAL L’administration pénitentiaire a dit avoir fait preuve jusqu’à présent de souplesse mais devoir aussi protéger les agents qui « gèrent en effectifs contraints des détenus sous tension »...

20 Minutes avec AFP

— 

Des surveillants pénitentiaires bloquent l'accès à la prison de Nantes
Des surveillants pénitentiaires bloquent l'accès à la prison de Nantes — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA
  • Le mouvement des surveillants de prison dure depuis 10 jours
  • Dans leurs revendications, les 28.000 gardiens de prison réclament de meilleures mesures de sécurité, notamment face aux détenus djihadistes ou radicalisés, des effectifs supplémentaires et une revalorisation de leurs primes.
  • La ministre de la Justice Nicole Belloubet est sous le feu des critiques.

L’administration pénitentiaire a réclamé ce mercredi des sanctions contre les surveillants grévistes, alors que le mouvement qui place la ministre de la Justice sous le feu des critiques en est à son dixième jour.

Un courrier a été envoyé aux directeurs de prison pour leur demander d’appliquer les sanctions prévues, après l’interruption des négociations mardi entre la Chancellerie et les organisations syndicales. Les surveillants ont en effet un statut particulier qui leur interdit le droit de grève.

>> A lire aussi : «Les surveillants ont la boule au ventre quand ils vont travailler»

Les grévistes n’entendent pas « céder »

Interrogée par l’AFP, l’administration pénitentiaire a indiqué avoir fait preuve jusqu’à présent de souplesse mais devoir aussi protéger les agents qui « gèrent en effectifs contraints des détenus sous tension ». Elle a ajouté ne pouvoir indéfiniment faire appel aux policiers et gendarmes pour pallier l’absence des personnels grévistes.

« Les menaces de sanctions viennent de tomber mais nous ne céderons pas », a réagi Philippe Abime (FO PACA-Corse), accusant le gouvernement de raviver « le feu » et de chercher « à diviser les personnels pénitentiaires ».

>> A lire aussi : A quelques heures du procès de Jawad Bendaoud, l'accès à Fresnes a été libéré par les forces de l'ordre

Les syndicats quittent la table des négociations

Les trois syndicats Ufap-Unsa, CGT et FO ont quitté mardi la table des négociations avec la Chancellerie, jugeant insuffisantes les propositions du gouvernement. Aucune nouvelle rencontre n’est programmée.

Leurs représentants se sont cependant dits « prêts » à reprendre le dialogue, mais en posant leurs conditions. Le secrétaire général de FO Emmanuel Baudin a conditionné sa présence au fait que la question du statut des surveillants soit intégrée à la négociation. Mardi, c’est le refus de la garde des Sceaux d’aborder cette question qui avait provoqué les départs de FO et de la CGT.

Dans leurs revendications, les 28.000 gardiens de prison réclament de meilleures mesures de sécurité, notamment face aux détenus djihadistes ou radicalisés, des effectifs supplémentaires et une revalorisation de leurs primes.

La Garde des Sceaux sous le feu des critiques

La CGT demande au gouvernement « de reprendre la main » en nommant un « médiateur », estimant que la ministre de la Justice « n’est plus crédible sur ce dossier ».

« Ma porte reste ouverte. Je continue, avec le Premier ministre, à travailler de manière extrêmement concentrée et intense sur ce dossier », a répliqué Nicole Belloubet devant les députés.

« Elle pilote la négociation et a toute la confiance du Premier ministre pour mener les discussions. Ni sa légitimité, ni sa compétence ne sont en cause », a affirmé l’entourage du Premier ministre Edouard Philippe, interrogé par l’AFP.

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur Renaud Muselier (LR) est allé jusqu’à exiger sa « démission ». Le patron des députés PS Olivier Faure a dénoncé de son côté « une froideur technocratique » et un « retard » de l’action politique gouvernementale.

>> A lire aussi : En Auvergne-Rhône-Alpes, les surveillants s'inquiètent de la montée de la radicalisation

Mercredi, 133 des 188 prisons françaises ont été « perturbées à des degrés divers ». « Dans la matinée, les agents ont refusé en particulier de prendre leur service dans 15 établissements », selon un bilan de la Direction de l’administration pénitentiaire.