VIDEO. Réforme du bac: Quelles sont les idées explosives pour relooker l'examen?

EXAMEN Pierre Mathiot, l’homme qui a planché sur l’examen new look, a remis ses propositions au ministre de l’Education ce mercredi…

Delphine Bancaud
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Des candidats au bac 2017.
Des candidats au bac 2017. — FREDERICK FLORIN / AFP
  • Le professeur Pierre Mathiot a remis ses propositions à Jean-Michel Blanquer.
  • Il suggère notamment de limiter le nombre d’épreuves terminales au bac à cinq (dont quatre en terminale).
  • Plusieurs de ses idées, si elles étaient adoptées, changeraient totalement l’organisation du lycée.

C’est une promesse de campagne d’Emmanuel Macron : réformer un monument bicentenaire, le bac. Pierre Mathiot l’homme chargé de réfléchir à l’avenir du baccalauréat, a rendu ses propositions au ministre de l’Education ce mercredi après avoir effectué une centaine d’auditions. Et certaines de ces idées sont assez révolutionnaires. C’est désormais à Jean-Michel Blanquer de les étudier et il dévoilera le 14 février en Conseil des ministres quelles suggestions il compte garder pour ce nouveau bac qui verra le jour en 2021. « Le rapport Pierre Mathiot nous ouvre le chemin », a déclaré ce mercredi le ministre en insistant sur sa volonté de « moderniser l’examen ».

En attendant, 20 Minutes détaille les principales propositions de Pierre Mathiot.

Quatre épreuves terminales en terminale

Le gouvernement veut lutter contre « l’hypertrophie du bac » avec sa ribambelle d’épreuves. S’il ne veut pas toucher aux épreuves anticipées de français en première, Pierre Mathiot veut qu’il y en ait moins en terminale. Les candidats pourraient passer quatre épreuves terminales (deux épreuves au retour des vacances de printemps dans les deux disciplines majeures choisies par les élèves) et deux épreuves en juin (philosophie et grand oral).  Cet oral pourrait porter sur un projet interdisciplinaire que l’élève aurait préparé tout au long de l’année avec un groupe de camarades, mais il serait passé individuellement. Deux professeurs du lycée des candidats et une personne extérieure le feraient passer pendant une vingtaine de minutes et il pourrait compter pour 15 % de la note finale. « L’oralité est un enjeu majeur. Pas seulement dans la perspective de l’élève de se préparer aux exigences de l’enseignement supérieur, mais aussi dans celle de trouver un stage, de trouver sa place dans l’espace social », a déclaré Pierre Mathiot. L’idée de ce grand oral semble d’ores et déjà séduire le ministre de l’Education : « il y aura très certainement un grand oral », a-t-il déclaré ce mercredi.



Un bouleversement de la notation

Pierre Mathiot suggère que les épreuves anticipées de français et les quatre épreuves de terminale comptent pour 60 % de la note du bac (10 % pour le français, 25 % pour les épreuves concernant les majeures, 15 % pour le grand oral et 10 % pour la philo). Les 40 % restants correspondraient aux notes acquises par l’élève en première et terminale et à celles qu’il aurait obtenues lors de sortes de partiels en fin de trimestres.

Pour redonner du sens au bac, il souhaite aussi que « les trois-quarts environ des résultats obtenus par les élèves » soient pris en compte dans Parcoursup (sauf les deux épreuves de juin donc). Ce qui devrait permettre aux établissements de l’enseignement supérieur de prendre en compte les notes du bac lorsqu’elles examineront les demandes d’inscriptions des lycéens. « Car aujourd’hui le bac compte pour 0 % dans l’admission de l’élève dans l’enseignement supérieur », explique Pierre Mathiot.

Autre révolution : les épreuves de rattrapage pourraient disparaître au profit de l’examen des livrets scolaires des candidats sur le fil du rasoir.

Un lycée qui sera repensé entièrement

Qui dit réforme du bac, dit réforme du lycée. Pierre Mathiot suggère donc que les filières L, ES et S disparaissent pour laisser place à des parcours plus personnalisés. Les élèves suivront une unité générale (tronc commun), une unité d’approfondissement (majeures et mineures choisies par chacun) et une unité accompagnement (à l’orientation, à la préparation du grand oral…) Si cette suggestion était conservée, il y aurait un menu national des majeures (9 en filière générale et 7 en techno). « On pourrait donner aussi la possibilité aux lycées de proposer leurs propres majeures », a indiqué Pierre Mathiot. Autre idée explosive : organiser l’année scolaire au lycée sous forme de semestres et non plus de trimestres. Ce qui entraînerait une annualisation du temps de travail des enseignants. « Il y aura des chantiers de gestion des ressources humaines dans les années à venir », a déclaré Jean-Michel Blanquer, visiblement pas encore prêt à affronter la fronde des enseignants…