Affaire Maëlys: L’avocat de Lelandais dénonce un «acharnement évident» contre son client

DISPARITION DE MAELYS Alain Jakubowicz, l'avocat de Nordahl Lelandais s'est exprimé ce mercredi imatin sur «RTL», au lendemain du refus de la demande de remise en liberté de son client...

Elisa Frisullo
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Alain Jakubowicz était ce jeudi matin l'invité de RTL
Alain Jakubowicz était ce jeudi matin l'invité de RTL — FACELLY/SIPA
  • Malgré de nouveaux témoignages affaiblissant la défense, l’avocat de Nordahl Lelandais maintient que la fillette n’avait pas disparu à l’heure où une silhouette blanche a été filmée dans la voiture de l’ancien militaire.
  • Alain Jakubowicz déplore de « nombreuses incohérences » dans ce dossier et dénonce « l’acharnement évident » à l’encontre de son client.

De « prétendus scoops contraires à la réalité », une « opinion publique conditionnée par les médias ». Ce mercredi matin, au lendemain du refus de la demande de remise en liberté formulée pour son client, Maître Alain Jakubowicz, l’avocat lyonnais de Nordahl Lelandais, a dénoncé, sur les ondes de RTL, les nombreuses « incohérences » de ce dossier.

« Il y a des incohérences dans ce dossier, qui ne fabriquent pas l’innocence de mon client, que les choses soient claires, mais qui rendent totalement incohérente la version qui est aujourd’hui officiellement présentée, notamment par l’accusation et par la presse », a déclaré l’avocat de l’ancien militaire de 34 ans, mis en examen pour l’enlèvement et le meurtre de Maëlys. Dans la nuit du 26 au 27 août 2017, cette enfant de 9 ans a disparu au cours d’un mariage organisé à Pont-de-Beauvoisin en Isère.


Il maintient qu’à 3 h 15, l’enfant n’avait pas disparu

Alain Jakubowicz est notamment revenu sur un élément essentiel de l’enquête : l’heure de la disparition de la fillette. Malgré le récent témoignage de l’un des convives affaiblissant la défense de Lelandais, l’avocat maintient que la fillette n’avait pas disparu à l’heure où une silhouette blanche a été filmée dans la voiture de l’ancien militaire. Lors de sa troisième audition, l’un des invités est revenu récemment sur ses premières déclarations et a affirmé avoir vu Maëlys entre 2h 45 et 3 heures la nuit du drame, et non plus 3 h 15.

« Cette heure de 3 h 15 a été validée par nombre d’autres témoignages (…) La malheureuse maman de Maëlys, le lendemain même du drame, va dire que son cousin a vu Maëlys à 3 h 15. Sa propre sœur, c’est-à-dire la tante de l’enfant, va dire 3 h 15 », a martelé ce mercredi matin l’avocat. « Comment voulez-vous, dans ces conditions, que moi, avocat, je puisse accepter que l’on dise que qu’à 2 h 47 cette enfant était dans un véhicule automobile alors que, tout dans ce dossier, montre que cette enfant n’avait pas disparu à 3 h 15 ? », a ajouté Alain Jakubowicz, déplorant l’acharnement à l’encontre de son client.

L’heure de disparition de la fillette est déterminante pour la défense de l’ancien militaire puisqu’à 2 h 46, la voiture de Nordahl Lelandais a été repérée sur l’une des caméras du centre-ville de Pont-de-Beauvoisin. On voit dans le véhicule une silhouette de petite taille sur le siège passager. Elle porte une robe blanche et a les cheveux dénoués, ce qui permet au procureur de Grenoble d’affirmer qu’il ne peut s’agir que de la silhouette de Maëlys.

« On néglige d’autres pistes », affirme l’avocat

« On doit chercher parmi les gens qui étaient encore présents au mariage entre 3 h 15 et 3 h 30. Mais on est tellement convaincu que c’est lui qu’on néglige d’autres pistes, ce qui est révoltant », a estimé Alain Jakubowicz. « Il y a un acharnement évident contre cet homme qui fausse les données de la justice », a ajouté la défense de Nordahl Lelandais, agacée par les nombreux éléments de l’enquête sortis dans la presse ces derniers mois.

« L’opinion publique est conditionnée par des médias, notamment un média, qui fabrique de l’information sur ce dossier, de prétendus scoops », a fustigé Alain Jakubowicz, refusant de s’exprimer sur différents détails troublants de l’enquête, à commencer par les allers-retours effectués par Lelandais la nuit du mariage.

« Je n’ai de comptes à rendre qu’à la justice », a-t-il répété, refusant également d’aborder l’affaire du caporal Noyer ​ dans laquelle son client est également mis en examen pour enlèvement et assassinat. Un second dossier dans lequel l’avocat lyonnais ne s’est pas encore plongé et pour lequel le travail de la défense s’annonce là encore des plus complexes.