Le procureur François Molins veut éviter que les enfants de djihadistes deviennent des «bombes à retardement»

RETOUR Selon lui, il faut absolument « innover » pour traiter ces enfants…

20 Minutes avec AFP

— 

François Molins, procureur de la République de Paris, s'exprime sur l'attaque de militaires à Levallois-Perret.
François Molins, procureur de la République de Paris, s'exprime sur l'attaque de militaires à Levallois-Perret. — THOMAS SAMSON / AFP

Que faire des enfants de djihadistes ? Pour le procureur de Paris François Molins, ils doivent être pris en charge de manière « spécifique » après leur retour en France d’Irak ou de Syrie pour éviter que certains deviennent « des bombes à retardement ».

>> A lire aussi : «On est face à des gens qui sont plus déçus que repentis», estime Molins

« Cela sera un des gros enjeux des années à venir d’assurer une prise en charge suffisamment spécifique et au long cours pour […] que ces petits » mineurs de moins 13 ans, « qui sont peut-être des bombes à retardement compte tenu de tout ce qu’ils ont vu » en termes d’atrocités « soient véritablement éduqués », a relevé le chef du parquet antiterroriste ce mardi sur RTL.

Ils ont appris à vivre « sur des valeurs non tolérantes, anti-démocratiques »

Il faut absolument « innover » pour traiter ces enfants qui ont pu « être amenés par leurs parents » à « assister à des décapitations », voir « des armes à la maison tous les jours » et vivre « sur des valeurs non tolérantes, anti-démocratiques », a insisté François Molins, rappelant que les mineurs de plus de 13 ans qui ont pu participer à des combats faisaient eux l’objet de mandats d’arrêt ou de recherche.

>> A lire aussi : «Tu crois qu’on va oublier?» Passe d'armes à l'écran entre un Français des forces kurdes et un djihadiste présumé

Le procureur a de nouveau souligné qu’il fallait se départir de toute « naïveté et angélisme ». « Il y a [eu] une inflexion idéologique » à partir de l’été 2017 lorsque des organes liés à Daesh « ont appelé les femmes et les enfants à participer au djihad armé ».

L’Irak a « tout à fait le droit de décider » de juger les terroristes

Quelques dizaines d’adultes se trouvent actuellement dans des camps ou des prisons en Irak ou en Syrie avec plusieurs dizaines de mineurs, d’après une source proche du dossier. Interrogé sur le sort d’une djihadiste allemande condamnée à mort ce dimanche en Irak pour avoir rejoint l’organisation Daesh, une première pour une femme européenne dans ce pays, François Molins a souligné que Bagdad avait « un gouvernement légitime » et « tout à fait le droit de décider » de les juger « lui-même » ou « de les remettre » à leur pays.

>> A lire aussi : VIDÉO. Le maire de Lunel s'oppose fermement au retour des «djihadistes repentis»

Mais « la situation est plus complexe » en Syrie, où les Français capturés sont détenus par les forces kurdes ou l’Armée syrienne libre (ASL), des factions qui combattent Bachar el-Assad et « n’ont pas une autorité légitime », a-t-il reconnu.