Prisons: Reprise des blocages et des négociations, Nicole Belloubet reçoit les syndicats ce mardi

SECURITE Cette mobilisation est la plus forte de ces vingt-cinq dernières années…

20 Minutes avec AFP

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Devant la prison de Longuenesse (Nord) le 22 janvier 2018.
Devant la prison de Longuenesse (Nord) le 22 janvier 2018. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

La contestation continue. Huit jours après le début de leur mobilisation nationale, les syndicats de surveillants appellent ce mardi à un nouveau blocage des prisons et accentuent leur pression sur la garde des Sceaux Nicole Belloubet​, qu’ils doivent à nouveau rencontrer dans la journée.

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Les questions de sécurité, d’emploi et de rémunération devraient être au cœur des discussions que Nicole Belloubet mènera avec les principaux syndicats de la pénitentiaire (Ufap, FO et CGT) à partir de 14 heures à la Chancellerie.

Une première rencontre infructueuse

Depuis l’échec de premières négociations ce samedi, la ministre s’est investie dans ces discussions dans l’espoir d’éteindre cette vaste mobilisation, déclenchée par l’agression de surveillants dans la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) le 11 janvier et attisée, depuis, par une série d’autres incidents violents.

Une première rencontre ce lundi au ministère n’a pas permis d’aplanir les divergences avec les gardiens de prison, qui sont engagés dans leur plus grand mouvement de mobilisation en vingt-cinq ans.

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Belloubet a « 45 minutes » pour proposer une enveloppe

« Il y a des demandes qui seront faites par les syndicats, il y a des réponses qui seront faites par la ministre de la Justice (…). Je pense qu’il y aura des réponses concrètes » ce mardi, a affirmé sur BFMTV le porte-parole de la Chancellerie, Youssef Badr, se disant « très optimiste » sur l’issue des négociations.

Les syndicats maintiennent toutefois une forte pression, portés par une journée de mobilisation massive ce lundi. Le secrétaire général adjoint de l’Ufap-Unsa Justice a expliqué David Besson lundi à Franceinfo qu’il donnerait ce mardi « 45 minutes » à la ministre pour qu’elle donne le montant de l’enveloppe budgétaire consacré à l’amélioration de la situation dans les prisons. Faute de quoi, le syndicat quitterait la table de négociations.

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« Nous voulons mettre la pression »

Les syndicats attendent plus d’engagements du gouvernement, notamment sur la question sensible des détenus islamistes et sur l’emploi. Le texte gouvernemental rejeté samedi par les personnels prévoyait la création de 1.100 postes sur quatre ans.

« Il n’y a absolument rien de concret. On demande des établissements spécialisés à taille humaine avec sécurité renforcée pour gérer les détenus djihadistes ou qui se radicalisent en prison. En termes d’emplois, (Belloubet) nous dit qu’elle veut faire un effort sans nous donner les chiffres », a encore affirmé David Besson.

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Par la voix de son secrétaire général Emmanuel Baudin, le syndicat FO a, lui, appelé à « amplifier » le mouvement. « Notre but est de trouver une solution. Nous voulons mettre la pression », a-t-il expliqué, appelant les gardiens à refuser de reprendre leur travail en « déposant » les clés.