VIDEO. Harcèlement sexuel: «Arrêtons de nous juger les unes les autres», le message émouvant de Maïwenn

HARCELEMENT SEXUEL « Nous ne sommes pas tous égaux dans la douleur et dans la résilience », estime l’actrice et réalisatrice…

M.C.

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Maïwenn au Festival de Cannes, le 23 mai 2017.
Maïwenn au Festival de Cannes, le 23 mai 2017. — Valery HACHE / AFP

Elle réclame le droit pour toutes les femmes à « ne pas être jugées ». Maïwenn, qui ne s’était pas exprimée publiquement sur le harcèlement sexuel depuis qu’a éclaté l’affaire Weinstein, a donné son sentiment lundi sur France 2, en lisant une tribune dans l’émission Stupéfiant.

Après la tribune signée par Catherine Deneuve et un collectif de 100 femmes pour défendre « la liberté d’importuner » et les nombreuses réactions que le texte a suscitées, dont des accusations de « mépriser les victimes », Maïwenn a souhaité prendre la parole pour réclamer le droit à la différence devant la souffrance.

« Je réclame le droit de panser mes plaies comme je le veux »

«Ecrire un film, écrire une lettre, écrire un SMS, employer des mots et des phrases qui ne veulent pas dire la même chose pour vous que pour moi. Je réclame le droit de panser mes plaies comme je le veux », commence la réalisatrice de Polisse et Mon roi face à Léa Salamé.

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« Je réclame le droit de coucher avec qui je veux pour le temps d’une nuit sans être une femme facile quand les hommes sont des séducteurs. Je réclame le droit d’avoir du pouvoir dans mon travail sans faire peur aux hommes. Je réclame le droit d’être draguée avec maladresse, insistance et d’appeler cela "importuner" si je le veux », continue Maïwenn.

« Par pitié, arrêtons de nous juger les unes les autres »

Visiblement émue, l’actrice poursuit sa lecture : « Je réclame le droit de ne pas être jugée si j’emploie des mots qui n’ont pas la même résonnance que pour vous. Je réclame qu'on ne juge pas une femme si elle a eu besoin d'écrire un livre sur son histoire de harcèlement sexuel. Je réclame le droit qu'on ne juge pas une femme qui pense qu'on doit se débrouiller seule après un viol. Nous ne sommes pas tous égaux dans la douleur et dans la résilience et nous n'avons pas la même capacité mentale ou physique de nous remettre de nos traumatismes », estime-t-elle.

« Ne jugeons pas une femme qui aime la violence pendant qu’elle fait l’amour, ne jugeons pas une femme qui ne se remet pas d’une main aux fesses. Ne jugeons pas des femmes intellectuelles qui prennent la parole et bousculent nos mœurs. »

« Par pitié, arrêtons de nous juger les unes les autres », commence Maïwenn, avant de s’interrompre sous le coup de l’émotion. Après une coupure, elle reprend : « Quelque chose d'historique est en train de se jouer, en ce moment, alors soyons unies. Chacun doit pouvoir souffrir de ce qu'il veut, comme il veut et quand il veut. On va y arriver. »