Colère des surveillants de prison: Le «blocage total» reprend ce lundi, Nicole Belloubet va recevoir les syndicats

SOCIAL Après le rejet des propositions du gouvernement, la ministre de la justice Nicole Belloubet veut «reprendre le dialogue»...

20 Minutes avec AFP

— 

Des dizaines de prisons partout en France (ici à Borgo, en Corse) étaient bloquées lundi 22 janvier dès 6 heures, à l'appel des syndicats avant une rencontre prévue dans la journée avec la ministre de la Justice.
Des dizaines de prisons partout en France (ici à Borgo, en Corse) étaient bloquées lundi 22 janvier dès 6 heures, à l'appel des syndicats avant une rencontre prévue dans la journée avec la ministre de la Justice. — AFP

La Garde des Sceaux veut « reprendre le dialogue ». Après le rejet des propositions du gouvernement, Nicole Belloubet a annoncé dans la nuit qu’elle recevrait ce lundi les syndicats de gardiens de prisons, dans un climat de tension alimenté par des agressions à répétition. « La ministre de la Justice recevra, dès ce jour, l’ensemble des organisations syndicales représentatives », a indiqué un communiqué de ministère.

>> A lire aussi : Blocages des prisons: Un «projet d'accord» prévoit la création de 1.100 emplois

Dans le même temps, les organisations syndicales ont appelé à un nouveau « blocage total » des établissements ce lundi à partir de 6 heures pour faire entendre des revendications salariales et sécuritaires. Quelques heures avant le début de cet appel au blocage dans les 188 prisons du pays, la ministre a aussi souligné « à la responsabilité de chacun afin que la sécurité et le fonctionnement des établissements pénitentiaires soient assurés ».

De Fleury-Mérogis à Nancy, les surveillants ont sorti les barricades

A Fleury-Mérogis (Essonne), plus grande prison d'Europe avec plus de 4.300 détenus, environ 150 surveillants étaient rassemblés peu après 7 heures et bloquaient l'accès à la prison au moyen de barricades faites de pneus et de palettes. A Fresnes (Val-de-Marne), ils étaient une cinquantaine à s'être rassemblés dans le calme.

La mobilisation était aussi suivie dans le reste de la région parisienne (Melun, Villepinte) et dans plusieurs villes en région. Des blocages ont ainsi été mis en place à Metz et Sarreguemines (Moselle), Saint-Mihiel et Montmédy (Meuse), Ecrouves, Nancy et Toul (Meurthe-et-Moselle), Strasbourg et Oermingen (Bas-Rhin), Mulhouse et Ensisheim (Haut-Rhin).

En Auvergne-Rhône-Alpes, les principaux établissements sont bloqués et le resteront «jusqu'à ce qu'on nous déloge», a indiqué Dominique Verriere secrétaire régional de l'Ufap-Unsa (majoritaire).

Ils jugent leur profession dangereuse, mal payée et mal considérée

Pour rappel, des agressions à répétition alimentent la colère des gardiens de prison qui jugent leur profession dangereuse, mal payée et mal considérée. C’est l’agression de surveillants par un détenu djihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) le 11 janvier qui a mis le feu aux poudres.

Dimanche soir, un détenu s’en est une nouvelle fois pris à des gardiens, à Longuenesse (Pas-de-Calais). Il les a agressés avec un pied de table en fer et les a blessés aux bras, ont indiqué l’administration pénitentiaire et le syndicat majoritaire Ufap-Unsa. Le syndicat FO a appelé les gardiens de Longuenesse à « ne pas prendre les clés » lundi matin, c’est-à-dire à ne pas prendre le travail et à laisser les forces de l’ordre prendre le relais.

FO-Pénitentiaire appelle à « amplifier la pression »

La semaine dernière, parallèlement à la mobilisation des gardiens dans toute la France, l’Ufap-Unsa (40 %) et la CGT-Pénitentiaire (environ 15 %) ont participé à des négociations avec le gouvernement, mais elles ont refusé samedi de signer le « projet d’accord » qui en est sorti. L’Ufap-Unsa et la CGT estiment que les propositions du gouvernement contenues dans le « projet d’accord » sont « bien en deçà des attentes des collègues mobilisés » notamment concernant les indemnités et le statut des 28.000 surveillants. Ils jugent aussi insuffisantes la proposition de 1.100 créations de postes sur quatre ans.

« Les personnels sont fatigués et furieux. Le mouvement sera dur lundi et ne s’arrêtera pas si le gouvernement ne propose que des mesurettes », a prévenu le secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire, Christopher Dorangeville, dimanche.

Des revalorisations indemnitaires ou statutaires

FO-Pénitentiaire, qui ne s’est pas assis à la table des discussions avec le gouvernement et avait dénoncé un projet « d’accord poudre aux yeux », a appelé à « amplifier la pression » pour faire notamment entendre des revendications salariales. La CGT et FO ont prévenu que le mouvement de blocage des prisons était reconductible « jusqu’à ce que le gouvernement entende (leurs) revendications ».

>> A lire aussi : Nicole Belloubet sifflée et huée devant la prison de Borgo

Les trois principaux syndicats demandent des revalorisations : soit indemnitaires (pour l’Ufap), avec une revalorisation des primes de nuit ou de pénibilité, soit statutaires (pour FO et la CGT), avec le passage pour les agents de la pénitentiaire de la catégorie C à la catégorie B.