La France retire sa candidature à l’Exposition universelle 2025 pour des raisons financières

CULTURE Le Premier ministre Edouard Philippe pointe notamment les « faiblesses structurelles » du modèle économique du projet français…

H. B. avec AFP
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La tour Eiffel à Paris. (Illustration)
La tour Eiffel à Paris. (Illustration) — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

La Coupe du monde de rugby 2023, les Jeux olympiques 2024… mais pas l’Exposition universelle 2025 ! La France a retiré sa candidature à l’organisation de cette grande manifestation pour des raisons principalement financières. L’annonce en a été faite ce samedi dans un courrier adressé par le Premier ministre Edouard Philippe au comité d’organisation, révélé par le Journal du dimanche (JDD).

« J’ai décidé de ne pas donner suite à la candidature de la France à l’exposition universelle, qui sera retirée », écrit le chef du gouvernement à Pascal Lamy, président du Groupement d’intérêt public Expofrance 2025.

Les « faiblesses structurelles » du modèle économique du projet français

Le Premier ministre pointe notamment les « faiblesses structurelles » du modèle économique du projet français et précise que dans le contexte de « redressement de nos finances publiques », il refuse de « grever l’avenir (…) d’engagements supplémentaires non maîtrisés ». Dans sa lettre adressée à Pascal Lamy, ancien directeur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Edouard Philippe estime que les engagements qu’il avait demandés fin septembre concernant la « solidité du dispositif opérationnel proposé par la France » ne sont pas tenus.

La candidature française, bâtie autour du pôle scientifique et technologique de Paris-Saclay, au sud de la capitale, a été déposée fin septembre auprès du Bureau international des expositions (BIE). Pour le Premier ministre, le projet français n’a pas les moyens de se redresser dans « le délai qui nous sépare de la visite de la commission d’enquête du BIE » prévue à la mi-mars.

Un risque pour les finances publiques, selon Matignon

Dans son courrier, Edouard Philippe relève également que « la marge d’aléas » du projet « ne permet pas d’absorber certaines hypothèses de fréquentations défavorables ». Les scénarios envisagés tablaient sur une fréquentation comprise entre 35 et 40 millions de visiteurs avec une hypothèse haute à 65 millions. Mais une fréquentation comparable à celle de l’Expo qui s’est tenue à Milan en 2015 (environ 20 millions de visiteurs) entraînerait une chute des recettes (de 1,3 milliard à 455 millions d’euros) qui représente un risque pour les finances publiques, selon Matignon​.

Le retrait de la France laisse la voie libre aux trois autres pays candidats pour accueillir l’Exposition de 2025 : la Russie (Ekaterinbourg), le Japon (Osaka) et l’Azerbaïdjan (Bakou). Le choix du pays hôte doit être annoncé le 15 novembre 2018. L’Exposition universelle, elle, doit se tenir du 1er mai au 31 octobre 2025, un an après les Jeux olympiques de Paris et deux ans après la Coupe du monde de rugby qui se tiendra également en France.