Inégalités: Pénicaud veut supprimer d'ici 2022 l'écart de salaire hommes-femmes à travail égal

INEGALITES La ministre du Travail veut « un plan d’action » pour supprimer, d’ici à la fin du quinquennat, l’écart de 9 % existant entre hommes et femmes à poste égal...

20 Minutes avec AFP

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Muriel Pénicaud au ministère du Travail le 28 juin 2017.
Muriel Pénicaud au ministère du Travail le 28 juin 2017. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Pour Muriel Pénicaud, « cette question doit devenir un sujet prioritaire du dialogue social ». La ministre du Travail déclare vouloir réunir les « partenaires sociaux » pour « élaborer un plan d’action » contre les inégalités salariales et supprimer, d’ici à la fin du quinquennat, l’écart de 9 % existant entre hommes et femmes à poste égal, dans un entretien au Journal du Dimanche.

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« L’égalité entre les femmes et les hommes est un principe constitutionnel et la loi Roudy sur l’égalité a 35 ans », rappelle la ministre. Mais dans les faits, « les femmes gagnent toujours 9 % de moins que les hommes à poste équivalent et 25 % en moyenne de moins (…) tous postes confondus, c’est inadmissible », fait-elle valoir. « Nous allons proposer une réunion aux partenaires sociaux sur l’égalité salariale pour élaborer un plan d’action », annonce-t-elle.

« L’écart de 9 % qui demeure à travail égal aurait déjà dû disparaître »

Les 25 % d’écart, liés pour partie (« 15 % ou 16 % ») aux « retards culturels », à « la persistance de clichés sexistes dès l’enfance », selon la ministre, nécessitent une correction « sur le long terme, en prenant le mal à la racine ». En revanche, « l’écart de 9 % qui demeure à travail égal aurait déjà dû disparaître », insiste Muriel Pénicaud, citant l’exemple « inacceptable » d’une « jeune diplômée de HEC » engagée avec « un salaire inférieur à celui d’un garçon » au cursus similaire.

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« Notre ambition, avec le Premier ministre et [la secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes] Marlène Schiappa, est de supprimer cette différence de 9 % pour toutes les femmes pendant le quinquennat », assure la ministre. Pour ce faire, les indicateurs existant sur « la situation comparée des hommes et des femmes dans les entreprises » doivent par exemple être perfectionnés, détaille Muriel Pénicaud, appelant à « plus de transparence ».

« Cette question doit devenir un sujet prioritaire du dialogue social », plaide la ministre, évoquant notamment « des programmes de rattrapage salarial étalés sur plusieurs années » en cas d'« écarts démesurés » dans les entreprises. Ecartant l’idée d’une nouvelle loi, la ministre souligne que « depuis 2013, plus de 3.000 entreprises » n’ayant pas d’accord sur l’égalité professionnelle ni de plan d’action « ont été mises en demeure », 157 ayant été « sanctionnées ».