Blocages des prisons: Un «projet d'accord» prévoit la création de 1.100 emplois, FO dénonce de «la poudre aux yeux»

NEGOCIATIONS Le texte, accepté par CGT-Pénitentiaire et l’Ufap-Unsa, prévoit également des mesures pour améliorer la sécurité des gardiens...

20 Minutes avec AFP

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Corbas, le 29 novembre 2017
L'administration pénitentiaire lance une vaste campagne de recrutement de surveillants de prison.
Corbas, le 29 novembre 2017 L'administration pénitentiaire lance une vaste campagne de recrutement de surveillants de prison. —

CGT-Pénitentiaire et l’Ufap-Unsa (majoritaire), deux des trois principaux syndicats pénitentiaires, ont suspendu, ce samedi, leurs blocages des prisons pour soumettre à leurs militants des propositions sur la sécurité et l’emploi. Ce projet d’accord publié vendredi soir prévoit notamment la création de 1.100 emplois de surveillants sur quatre ans, « dont une première tranche de 100 emplois dès 2018 ». A l’heure actuelle, l’administration pénitentiaire compte 28.000 surveillants dans 188 établissements.

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Après une série d’agressions qui a attisé la colère des surveillants, le texte prévoit aussi des mesures pour améliorer la sécurité des gardiens et un régime de détention défini pour les « détenus terroristes et radicalisés », permettant une « étanchéité totale de la gestion des détenus les plus dangereux ».

Le document soumis à la ministre de la Justice Nicole Belloubet

« Nous avons communiqué le texte à nos bases et nous attendons leurs retours pour nous prononcer », a ainsi déclaré samedi Christopher Dorangeville, secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire. Ce syndicat et l’Ufap-Unsa (majoritaire) participaient aux négociations entamées mardi avec l’administration pénitentiaire. Le document a également été soumis à la ministre de la Justice Nicole Belloubet.

FO-Pénitentiaire y est farouchement opposé. « C’est de la poudre aux yeux », a réagi samedi Yoan Karar, secrétaire général adjoint du syndicat qui appelle à « durcir » le mouvement. De son côté, Erwan Saoudi de FO-Pénitentiaire regrette que le projet d’accord n’aborde pas la revalorisation des salaires alors qu'« énormément » d’agents quittent la pénitentiaire, vers d’autres administrations. « Ils pourraient annoncer 4.000 (agents supplémentaires), ils n’arriveront pas à recruter. Tant qu’on n’aura pas des salaires à la hauteur de nos missions, on n’arrivera pas à recruter », a-t-il réagi ce samedi.

FO utilise le biais de « dépôts de clés » pour durci le ton

Pour rappel, les surveillants ont lancé leur mouvement national de blocage des prisons après l’agression le 11 janvier de surveillants par un détenu djihadiste à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Et pour montrer sa désapprobation, FO veut utiliser le biais de « dépôts de clés », geste qui consiste pour les surveillants à ne pas prendre leur travail et à laisser, le cas échéant, les forces de l’ordre prendre le relais.

Ainsi, le « dépôt de clés » se poursuivait pour la deuxième journée consécutive à la prison de Borgo, en Haute-Corse, au lendemain de l'agression de deux surveillants de ce centre pénitentiaire par un détenu signalé pour radicalisation.

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A Fleury-Mérogis (Essonne), la plus grande prison d’Europe, seul un bâtiment sur les cinq que compte la maison d’arrêt des hommes fonctionnait normalement samedi matin, selon Thibault Capelle, secrétaire local FO-Pénitentiaire. A Fresnes (Val-de-Marne), une quarantaine de surveillants se sont rassemblés devant l’entrée de la prison et ont retardé leur prise de service jusqu’aux alentours de 8 heures. Au centre pénitentiaire de Réau (Seine-et-Marne), « 90 % des agents n’ont pas pris leur service » samedi matin, selon Erwan Saoudi. De son côté, l’Ufap-Unsa (majoritaire) ne prévoyait rien ce week-end en Bretagne et en Occitanie.