GPA: Une quarantaine de personnalités dénoncent une «transaction commerciale contraire aux droits de la personne humaine»

TRIBUNE Ces personnalités estiment qu'une « telle transaction commerciale est contraire aux droits de la personne humaine »...

20 Minutes avec AFP
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Une femme enceinte de sept mois. Illustration.
Une femme enceinte de sept mois. Illustration. — C. Delahaye / Sipa

« Non au marché de la personne humaine » que représente le recours aux mères porteuses, ou GPA (gestation pour autrui). Plusieurs personnalités comme la philosophe Sylviane Agacinski et le professeur René Frydman, père du premier bébé-éprouvette, ont signé une tribune publiée ce vendredi dans le journal Le Monde dans laquelle ils se prononcent contre la gestation pour autrui.

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« Une telle transaction commerciale (elle l’est toujours, même si l’on déguise le paiement en indemnité ou dédommagement) est contraire aux droits de la personne humaine », écrit la quarantaine de signataires de cette tribune, au lendemain du lancement des Etats généraux de la bioéthique.

La GPA « s’apparente à une forme de corruption »

Pratique interdite en France et à laquelle le président Emmanuel Macron n’est pas favorable, la GPA sera abordée lors de ces Etats généraux. Ces débats pilotés par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) doivent nourrir la réflexion avant la prochaine loi bioéthique, attendue au Parlement à l’automne.

La GPA « s’apparente à une forme de corruption (…) puisqu’elle attribue une valeur marchande et à l’enfant et à la vie organique de la mère de substitution », poursuit la tribune. « L’objet d’un tel commerce n’est pas seulement la grossesse et l’accouchement, c’est aussi l’enfant lui-même, dont la personne et la filiation maternelle sont cédées à ses commanditaires ».

« En un temps où l’on s’insurge contre les violences faites aux femmes, où l’on traque les stéréotypes de genre et où l’on revendique l’égalité des sexes, il serait opportun que l’usage commercial de leur corps dans l’industrie procréative mobilise davantage l’opinion publique et les médias », estiment les signataires.

110 personnalités réclament un débat de fond sur la GPA

Cette tribune est également signée par José Bové, l’écrivaine Eliette Abécassis, l’ancienne ministre des droits des femmes Yvette Roudy, l’ancien président du CCNE Didier Sicard ou le biologiste Jacques Testart.

Mardi, dans une autre tribune publiée par Le Monde, 110 personnalités, parmi lesquelles les intellectuels Pierre Rosanvallon et Elisabeth Badinter, avaient réclamé un « débat de fond » « serein, argumenté et informé » sur la GPA. Selon un récent sondage Ifop paru dans La Croix, 64 % des Français seraient, de leur, côté, favorables à la GPA (18 % « dans tous les cas » et 46 % « pour des raisons médicales seulement »).