• Un salarié du site d’Airbus nantais, « en reconnaissance de maladie professionnelle », a perdu son emploi fin décembre.
  • Le syndicat CGT menace de porter l’affaire en justice si le salarié n’est pas réintégré.

Un rassemblement devant l’entreprise jeudi, un groupe de soutien sur Facebook, et une pétition lancée ce vendredi. Depuis plusieurs semaines, la mobilisation s’organise pour soutenir Grégory, l’un des 2.500 salariés du site nantais d’Airbus. Selon la CGT, cet ouvrier de 39 ans, père de famille et embauché en 2003, est au cœur d’une procédure de licenciement « totalement injuste ».

Son tort ? Avoir réalisé et montré à ses collègues deux dessins qui avaient pour but « d’exprimer son mal-être dans l’entreprise ». L’un le montre en bleu de travail, en pleurs. L’autre le représente entre les mains d’un homme, aux airs diaboliques, qui s’apprête à le jeter avec d’autres dans une immense poubelle. Des caricatures que n’a pas du tout appréciées la direction des ressources humaines d’ Airbus, qui lui a notifié son licenciement le 22 décembre dernier.

Un dessin « excessif et injurieux »

Pour Patrick Busson, secrétaire du syndicat CGT Airbus, il s’agit surtout d’un prétexte pour se débarrasser de Grégory, qui, connu pour son beau coup de crayon, était « en cours de reconnaissance de maladie professionnelle ». « Ce salarié avait de plus en plus de problèmes de santé liés à la cadence de travail. Il a fait des lumbagos, des tendinites… Après un mi-temps thérapeutique, il a repris à temps plein mais avait toujours des problèmes physiques. Sa hiérarchie lui a clairement dit que plus personne ne voulait de lui. » Concernant les dessins, le délégué CGT estime qu’il n’y avait « aucune attaque personnelle ».

Une version différente de celle de la direction, qui assure que le salarié aurait adressé ces dessins à son supérieur, pour l’accuser directement. « Le caractère excessif, injurieux, blessant de la caricature qui a été remise à la victime l’a fortement ému et a sérieusement porté atteinte à sa santé, assure-t-on chez Airbus. L’entreprise ne peut laisser un salarié se comporter de la sorte à l’égard d’un collègue. »

« Cette affaire montre l’incapacité de l’entreprise à s’occuper de ses salariés qu’elle a cassés par le travail, alors qu’ils n’ont même pas 40 ans, insiste Patrick Busson. Le deuxième problème est qu’elle n’accepte aucune critique, et bafoue la liberté d’expression. » La CGT, qui demande la réintégration de Grégory, a déjà menacé de porter l’affaire aux prud'hommes si la direction restait sur sa position.